Casamance: Souvenons-nous d’août 1997, mais aussi toujours du gouvernorat militaire qui fut un grand échec !

Posted by on 12/12/2018 4 h 45 min
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En mémoire du 19 août 1997,
Date sombre dans l’histoire de l’armée sénégalaise…

Le Général Dieng, tantôt Gouverneur-militaire, tantôt observateur des élections (ONEL) ou militant politique et soutien pour la réélection du Président Abdou Diouf, l’homme en bon saint-louisien a multiplié les casquettes de l’opportunisme.

Ainsi, se targuait-il parfois d’avoir rétabli la sécurité en Casamance. Que nenni !!!
Au contraire, il avait essayé et a échoué de manière inhumaine, au point d’apparaître comme le  « boucher de la Casamance » qui a sacrifié toute une génération de Casamançais en ne respectant pas sa feuille de route.

A l’époque, de toutes les élites de la Casamance et avec leur soutien, le Professeur Marcel Bassène, intellectuel authentique, a été le plus en vue pour s’ériger en  défenseur des Casamançais.

C’est par lui, que le Président Abdou Diouf allait faire signer un cessez-le-feu pour soulager les populations de la terreur dans laquelle, un seul homme, le gouverneur militaire Mamadou Abdoulaye Dieng les avait soumis.

Un gouverneur militaire plus politicien qu’officier supérieur de l’armée à qui son ministre de tutelle, Monsieur Famara Ibrahima Sagna, avait pourtant demandé de réconcilier la Casamance.

Mais un an après son « intrusion » comme gouverneur militaire (mai 1990 – mai 1991), le MFDC exigeait son départ de la Casamance au nom du cessez-le-feu. Le Président Abdou Diouf avait finalement mesuré l’ampleur des dégâts d’une politique répressive qui a fait plus souffrir les populations civiles et semée les graines d’une situation de guerre latente …

C’est pour rappeler cette clause du cessez-le-feu qui faisait du Gal Dieng persona non grata en Casamance que le chef du MFDC allait prendre sa plume pour demander au Président Abdou Diouf le respect des accords…

Il faut le préciser, les accords de 1991 n’ont rien changé de la situation. En 1997, la presse dont SudQuotidien annonçait la mort de 300 rebelles qui seraient tués à Djirack et où serait une base rebelle.
Eh oui, il était donc possible en pleine crise, de surprendre 300 rebelles « en shorts » et de les exterminer comme des rats …

Mais le commandant d’alors de la zone 5 qui avait certainement une claire conscience de ce qui s’était réellement passé disait ainsi que,

« les maquisards ne seraient rien sans les sympathisants. Ce sont les plus dangereux…!!! » (libération, 24 septembre 1997)

Que faut-il en déduire?
Les sympathisants quoi que l’on dise restent des civiles, les accusait-on peut-être d’être derrière la tragédie de Mandina Mancagne (19/08/1997)?

Espérons que l’histoire de ce douloureux drame serve de leçons aux différents protagonistes et espérons que l’humanitaire ait la place qu’il faut en Casamance, ce d’autant plus que depuis le régime Wade, ce sont des officiers de métier qui sont à la tête du commandement de la Zone 5…
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