Amoul dara: Macky Sall ira aux 2e tour !

Posted by on 12/03/2018 1 h 14 min
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[Avis d’expert ? Ou bien une simple lapalissade ? (XV)]

Tout le monde sait, et le président Macky Sall sait…

S’il est vrai que nul ne peut voler une élection au Sénégal, il est tout aussi vrai, à plus forte raison, que nul ne peut gagner une Présidentielle dès le 1er tour dans notre pays.

Qui plus est, aucun congrès d’investiture de candidat à une Présidentielle – fût-il celui mécaniquement pompeux du 1er décembre 2018 de Benno Bokk Yaakaar (BBY), la coalition des partis au pouvoir – ne saurait valoir une élection présidentielle, sous aucun prétexte.

Nous savons, donc, et le président Macky Sall sait, donc, qu’il ne peut gagner la prochaine Présidentielle au soir du 1er tour.

Mais nous savons, aussi, et le président Macky Sall sait, aussi, que prétendre le contraire, c’est déjà, en soi, un acte de violence politique, aux conséquences insoupçonnées en termes notamment de violence postélectorale. Tout au moins s’il venait à passer à l’acte.

Il n’est pas question, ici, loin s’en faut, d’on ne sait quel exercice ésotérique, fétichiste, ou maraboutique : c’est le bon sens même, qui nous est tous commun, qui le suggère d’une part, et qui nous y prépare d’autre part.

Alors, qu’allons-nous faire ? Ou, plutôt, que devons-nous faire face à cela ?

Que nous le sachions, ou bien que nous le soupçonnions seulement, c’est déjà cruel. Car, alors, nous devons agir, ou ne pas agir, sans tricher, ni nous mentir à nous-mêmes.

C’est que nous savons que, dans la certitude, affichée avec arrogance, qui habite le président Macky Sall et ses souteneurs, quant à leur « victoire » au soir du 1er tour de la Présidentielle prévue le 24 février 2019, il y a tromperie.

Autrement dit, il y a, dans cette certitude-là, tout à la fois, négation et falsification délibérée de la réalité.

Mais le sachant, hélas ! nous ne savons pas forcément prendre la pleine mesure de la violence que cette tromperie recèle ; si l’on sait, de surcroît, que notre devoir d’agir dépend en l’occurrence de notre capacité de rétablir la réalité ; pas de la modifier, mais de la restaurer, dans sa plénitude.

Ce qui sous-entend que nous soyons libres – pour introduire en cela la nouveauté dans la gouvernance du pays – de vouloir d’abord, et ensuite de décider, le changement légitimement attendu.

Il va sans dire que cela ne se peut sans douleur, ni épreuve de forces, dans la mesure même du rapport de forces qui en découle, légitime pour le coup.

Dire ‘‘Oui !’’ ou ‘‘Non !’’ ; exprimer son accord ou son désaccord, est certes, déjà, une gageure, mais également, et de toute évidence, le seul enjeu substantiel (de) voire consubstantiel à la prochaine élection présidentielle. Entendu que les programmes de gouvernement des candidats à cette dernière, tous réunis, passeront par cela seul pour quantité négligeable.

‘‘Pour’’ ou contre le président sortant’’. Voilà, donc, qui sonne comme le thème du prochain « référendum présidentiel ».

Seulement, nous savons, et le président Macky Sall sait, que l’action est la substance par excellence de la politique.

C’est si vrai que, chaque fois que le chef de l’Etat agit, et qu’à son tour l’opposition (ré)agit par de spectaculaires reculades, il avance à grands pas. En l’espèce, c’est un euphémisme que d’affirmer que le président sortant a pris de l’avance, même s’il est tout aussi évident que ce processus est et reste, fort heureusement, réversible.

Il est en effet réversible, ce processus. Et ce, d’autant plus qu’il n’y a guère plus fragile qu’une action fondée sur la tromperie, sur le mensonge.

Encore faut-il que nous sachions jusqu’à quel point tolérer la tromperie ou le mensonge en question ; et que nous sachions nous décider, pour autant que nous le voulions réellement, à y mettre définitivement un terme.

Or, l’heure de la « chasse » ayant sonné…

‘‘ – Où c’est qu’il est le chien, Papa ?
  – Oh ! il a disparu. Ou, plutôt, il a transhumé ; c’est que le maître de la transhumance était passé par là…

  – Qu’allons-nous faire maintenant ?

  – Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien de chasse.’’

Les hommes et les femmes de vertu et de courage, selon Hannah Arendt, ne se révèlent que dans les circonstances critiques. On les voit alors soudainement surgir, dans toutes les couches de la société, sans pouvoir deviner leur origine.

Dakar, le 2 décembre 2018.
Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)