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Barrow ne cesse de jouer avec le « feu » dans le Fogni ajamaat

Barrow ne cesse de jouer avec le « feu » dans le Fogni ajamaat

Le Président gambien, Adama Barro (Barrow), pourrait bientôt nous parler d’un coup d’Etat fomenté par le MFDC. Ce ne sera pas la première fois, car le Président Diémé (Jammeh), faut-il le rappeler, avait en son temps en complicité avec le gouvernement Wade mis en prison Alexandre Djiba (Gibba) (ex porte parole du MFDC) pour tentative de coup d’Etat

Barrow aujourd’hui protégé par Macky Sall – et qui comme lui par ailleurs est prêt à se dédire en n’accomplissant pas sa promesse de faire 3 ans au pouvoir – est convaincu dans sa naïveté que l’armée sénégalaise a mis fin à la rébellion sur l’axe Balantacounda – Kassa, et tente de créer les conditions à la fois pour s’assurer d’une présence militaire plus longue de la MICEGA, et pourquoi pas d’une possible intervention de l’armée sénégalaise dans le Fogni.

Dommage, aussi longtemps que certains continueront à croire que les hommes armées du MFDC sont figés là-bas dans le maquis et que les militaires peuvent aller les débusquer comme une proie facile, alors adieu la paix.

Barrow a le régime le plus fractionnel et qui confirme exactement l’esprit du message de Jammeh pris en charge par la propagande, « certains croient que la Gambie leur appartient ». Un président qui se permet d’aller menacer ses propres populations d’héberger des rebelles, de les stigmatiser comme tels, c’est non seulement enfantin mais dangereux !

 

Le nouveau gouvernement gambien a accusé les partisans de l’ancien président, Yahya Diémé (Jammeh), d’accueillir des rebelles étrangers dans leurs foyers pour tenter de déstabiliser le pays.

Le régime de Barro (Barrow) singularise ainsi les habitants du Fogni – le Fogni est une région qui englobe une grande partie de la rive sud de la Gambie et la rive nord du fleuve Casamance et où l’ex-Présient Diémé (Jammeh) possédait une grande ferme et semblerait-il, des « bunkers et des trésors cachés » – ; qui sont accusés d’accueillir les membres d’un groupe du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) qui lutte depuis trois décennies pour la sécession de leur région du Sénégal.

Selon le régime de Barro (Barrow), leur donner refuge en Gambie menacerait les relations entre la Gambie et le Sénégal, qui entoure le petit pays d’Afrique de l’Ouest, et a contribué au départ du Président Diémé (Jammeh) qui avait fait un volteface après avoir reconnu avoir perdu l’élection présidentielle après 22 ans de pouvoir.

Lors de sa première visite dans le Fogni, le président Adama Barro et sa délégation n’avaient pas hésité à blâmer les dirigeants locaux, leur accusant d’avoir autorisé la présence des membres du MFDC dans leurs communautés.

Il a surtout déclaré que les élus locaux sont ses représentants, « les chefs de village et de districts sont mes représentants et ont le devoir d’exécuter mes ordres, et de veiller à ce qu’il y ait la paix dans leurs localités « , a déclaré M. Barro (Barrow). Il précise le but de son déplacement en ajoutant, « Nous avons organisé cette réunion parce qu’il y a un échec dans l’exécution de vos tâches. »

Le ministre en charge du territoire, Lamin Dibba de renchérir, « cette réunion n’aurait pas dû avoir lieu ». Et de porter l’accusation que, « Nous savons qu’il y a des gens qui arrivent de Casamance ici dans le Fogni et qui sont là pour créer des problèmes. Cela doit cesser. « 

M. Diémé (Jammeh), qui est soupçonné d’avoir arrêté, torturé et assassiné ses opposants, avait initialement accepté le résultat des élections de décembre 2016 lors d’un extraordinaire coup d’appel télévisé et par les médias d’Etat et où il concédait sa défaite.

Mais il avait plus tard changé d’avis, affirmant qu’il y avait eu des irrégularités dans le vote et a refusa de confirmer sa position initiale. Il s’en est suivi une impasse post-électorale durant laquelle les présidents régionaux ont tenté vainement de négocier, et ont fini par envoyer des troupes armées aux frontières de la Gambie.

Da finalement quitté […] le pouvoir et la Gambie à destination de la Guinée équatoriale, où le président Obiang lui a souhaité la bienvenue…

Comparant son prédécesseur à un «grand serpent» sous l’agitation amusée de ses fidèles assis sous un chapiteau, Barro (Barrow) de demander à l’audience, « si vous voyez les traces d’un gros serpent, vous pourriez avoir peur. Mais qu’en est-il de l’homme qui traînait ce serpent? »

Le Président Barro (Barrow) aurait pu ne pas s’encombrer de la menace de son pouvoir par Jammeh, mais la Gambie est en position de faiblesse. Elle dépend d’une force militaire régionale pour maintenir la paix, et lutte pour faire face à un certain nombre de menaces sécuritaires. Les problèmes de sécurité comprennent les affrontements violents entre les partisans du président Jammeh et ceux de la coalition au pouvoir, ainsi que le récent retour dans le pays de deux des plus proches conseillers de Jammeh en Gambie après un séjour en Guinée équatoriale.

Suite à un manquement sécuritaire, les deux « Junglers » – membres d’une escouade très réputée dont on dit qu’elle aurait torturé et tué sous les ordres de Jammeh – ont pu voyager librement par avion, et n’ont été retrouvés et arrêtés que le lendemain avec 12 autres Junglers, et sont restés en garde à vue au-delà de 72 heures.

Le Ministre de la justice interrogé reconnaît que, « Le gouvernement se trouve dans une situation très difficile ». Et selon, ces personnes représentaient un « grave danger » public. Et de rajouter, « Nous ne voulons peut-être pas créer une baie de Guantánamo. (Mais) nous avons affaire à une situation politique très fragile. « 

Un an après que Diémé (Jammeh) ait quitté le pouvoir, son image agrémente toujours les T-shirts et tissus imprimés portés par les membres loyalistes de son parti, l’APRC, qui a cherché à trouver un remplaçant à leur homme fort qui n’hésitait pas de dire qu’il  » allait régner un milliard d’années si Allah le voulait « .

Il n’y a nulle part en Gambie où le soutien à Jammeh est aussi vivace que dans le Fogni, où la division qu’il est accusé d’avoir semée entre son groupe ethnique, les Jolas, et la majorité des Mandingues – qu’il a menacé d’enterrer « neuf pieds sous terre » – a souvent éclaté en violence.

« Chaque Mandingue de cette communauté a été attaqué. Nous craignons pour nos vies ici « , a déclaré Isatou Cissé (Ceesay), une mère célibataire qui a décrit comment, une nuit, des hommes non identifiés avaient pénétré dans sa maison, vandalisé ses biens et détruit une partie de son toit.

D’autres femmes du Fogni ont déclaré que des représailles avaient été faites contre elles pour avoir soutenu la coalition de Barrow.

« Je ne peux pas quitter mon village à cause de mon affiliation politique », a déclaré Amie Diédhiou (Jarju). « J’ai été prévenu par beaucoup de gens de ne pas aller en Casamance, je ne peux pas aller rendre visite à mes proches comme je le faisais auparavant. Les gens ont dit aux rebelles que j’étais une espionne de la Mission de la CEDEAO en Gambie (MICEGA). « 

La MICEGA est la force régionale chargée de maintenir la paix en Gambie, et qui devrait se retirer en mai prochain mais son mandat risque d’être étendu. Selon des observateurs gambiens, l’armée gambienne n’est pas en mesure de prendre le relais, car elle est encore constituée de pleins d’officiers de l’ère Jammeh, elle n’a pas encore été ralliée à la cause Barrow ; un universitaire qui avait relevé ce fait le mois dernier, avait été brièvement arrêté.

« Certains d’entre nous pensent que les troupes (MICEGA) devraient quitter la Gambie, mais pas tout le monde », a déclaré Sadio Diallo (Sarjo Jallow), chef du village de Sare Madi. « Ils sont là pour maintenir la paix. Toute personne contre les pacificateurs veut des ennuis. « 

Mais les fractures créées par deux décennies de pouvoir de Diémé (Jammeh) prendront du temps à guérir.

Laissant les troupes étrangères en charge de la sécurité de son pays, le convoi présidentiel avec ses petits drapeaux flottant au vent s’empresse de quitter les lieux, Barrow laissa ses ultimatums à la compréhension des habitants du Fogni. En le voyant partir, Monsieur Diallo (Jallow) fit cette remarque: « Beaucoup de gens ne veulent pas accepter le changement. »

Source The Gardian – Gambia accuses ex-president’s supporters of sheltering rebels
Ruth Maclean and Saikou Jammeh in Foni
Sun 1 Apr 2018

 

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