Barrow, Président, candidatable et sans parti !?

Posted by on 26/06/2019 20 h 35 min
Tags:
Categories: Débats

Dans la sous-région, la situation politique et le processus électoral bissau-guinéen semble inquiéter plus que ce qui se passe dans les autres pays voisins.
Or, l’actualité politique gambienne présage du type de transition politique – disons le pour mieux s’y préparer – incertain; et que nous risquons d’assister après les années Jammeh.

Le parti du Président Barrow ou plutôt auquel il est affilié, a tenu, comme bien d’autres partis qui l’ont déjà fait ou sont sur le point de le faire, son congrès sans la présence du premier. Et c’est son Vice-Président, son « Mentor » et Président du Parti, M. Oussainou Darboe qui a été réinvesti Secrétaire Général et donc candidat potentiel aux prochaines élections.

Le discours que M. Darboe avait alors tenu lors de ce congrès était assez autoritaire, témoignant d’un homme qui voulait s’imposer. Il était allé jusqu’à fustiger l’apparition de mouvements politiques pro-Barrow, tandis que les organisateurs ont fait sentir à des responsables qui se sont affichés derrière ces mouvements de soutien  à Barrow que leur présence était de trop durant ce congrès.

Ironie du sort, Barrow s’était rendu à l’investiture-candidature du Président Macky Sall (et sa coalition) – investiture à la candidature dont la mégalomanie nous rappelle l’ère d’anciens présidents qui aimaient rendre heureux le peuple en le rendant désireux de leur propre désir de grandeur – mais lui Barrow, est abandonné par la coalition qui l’a porté au pouvoir. Il ne peut pas organiser un attroupement politique en Gambie avec derrière lui la coalition qui l’avait porté au pouvoir.   

La question que l’on pourrait se poser, c’est bien de savoir quel est l’avenir de cette coalition avec ces congrès des partis qui choisissent leurs présidents et potentiels candidats sans jamais parler de 2016, c’est-à-dire le passé et l’avenir du Président actuel ?   

On ne le dit pas, mais au jour d’aujourd’hui, le Président de la Gambie est très isolé dans ses ambitions futures (si elles existent réellement). Il n’est plus – nous le dirons peut-être jamais assez – le Chef d’Etat de la coalition et lui-même n’hésite pas à se trouver une nouvelle coloration politique.
Pour jouer au troisième larron face aux prochaines batailles politiques certainement, Barrow se prend désormais pour un indépendant qui a donc droit à du soutien n’en déplaise à Me Ousainou Darboe (par exemple).    

Il y aura certainement donc un combat entre Barrow et Darboe, le dernier n’étant pas prêt à laisser son joker des dernières élections se représenter une seconde fois à une élection présidentielle à sa place. L’homme a longtemps pensé à la place de Barrow, quand il s’est surtout agi de savoir si oui ou non, le nouveau régime allait respecter les clauses de l’entente qui a mis fin au règne de Jammeh.

Darboe avait alors jeté en touche toutes les interprétations politiques questionnant le mandant de Barrow, semant le doute dans les esprits sur l’existence d’une telle entente. D’ailleurs, certains coalisés avaient quitté la coalition et il ne faut surtout pas compter sur eux pour parler d’une candidature unique en 2019 si Barrow venait à respecter son engagement de faire un mandat de trois (3) ans.

Investi en janvier 2017, le mandat de Barrow devrait prendre fin en janvier 2020. Les élections présidentielles devraient donc se tenir dans le dernier trimestre de 2019. Ceci étant dit, les partisans du Président Barrow soutiennent que cette entente de 3 ans n’est valable que si la coalition était encore unie. 

Or, pour une coalition qui n’a pas tenu parole ou plutôt l’engagement de travailler avec Barrow pendant 3 ans, Barrow ne peut donc pas à lui tout seul décider pour une coalition qui n’existe pas.

En d’autres termes, devenu un indépendant (l’on comprend tout le sens qu’il donne à cette notion), il revient à lui et à lui tout seul de décider de ce qu’il fait de son avenir politique en tant que Président de la Gambie dont les actes politiques n’engagent plus les autres.

Voilà l’équation politico-politicienne à laquelle la Gambie est soumise.
En tous les cas, tous les partis politiques gambiens qui ambitionnent d’aller prochainement aux élections présidentielles tiennent à des clauses pour lesquelles elles ne sont plus tenues, sauf quand il s’agit de rappeler à Adama Barrow qu’il doit partir.

Mais Barrow, à force d’assister à des investitures de candidats ne va-t-il pas finir dans la tentation de se dédire en 2019 !

Il peut toujours faire du Jammeh sans Jammeh où à la Macky Sall en mettant Darboe en Prison une énième fois ou peut-être en invoquant son inéligibilité… 

One response to Barrow, Président, candidatable et sans parti !?

  1. Yooodééé – Jammeh réélu à la tête de l’APRC – CASAVVANCE décembre 18th, 2018 at 10 h 35 min

    […] où l’actualité politique gambienne est dominée par les investitures, avait ainsi parlé de, Barrow, Président, candidatable et sans parti !?; alors qu’il paraissait que Darboe reprend son […]