C 25… Bizarrerie de l’opposition sénégalaise

Posted by on 21/04/2019 5 h 33 min
Tags:
Categories: Débats

Il faut sortir maintenant du déni

Sauf événement extraordinaire, la prochaine élection présidentielle se tiendra bel et bien le 24 février 2019. Précisément, parce que la révolution, l’insurrection pour certains, n’aura pas lieu, faute de révolutionnaires ou de rebelles.

De même, l’appel au boycott de ladite Présidentielle, ce doux euphémisme appelant à la révolution ou à l’insurrection, n’est qu’un vœu pieux.

Il faut donc se rendre à l’évidence, sinon se rendre tout court, et notamment se faire à l’idée d’un nécessaire 2nd mandat pour le président Macky Sall, en ce que, dorénavant, il ne peut pas ne pas être. Et ce, en dépit ou à cause de cette bizarrerie politique qu’est le Collectif des 25 (C25).

Lequel C25 est, de nos jours, en tant qu’une bizarrerie politique de l’opposition, ce que fut pour Macky Sall la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), née de manière opportuniste entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012 ; soit une formidable escroquerie politique.

En effet, si BBY n’était fondamentalement pour rien dans ce qui devint une victoire de Macky Sall au soir du 2nd tour de la Présidentielle de 2012 (il le devait plutôt à la coalition Macky 2012), le C25 passe pour une mare destinée spécieusement à noyer deux gros poissons, Khalifa Sall et Karim Wade.

Entendu que ces derniers ne sont pas que des candidats à la Présidentielle recalés, siégeant et s’activant comme tels parmi d’autres au sein du C25, fût-ce par procuration. Ils sont avant tout, respectivement, un prisonnier politique et un homme politique contraint à l’exil.

Serait-ce d’ailleurs trop exagérer que d’affirmer que le C25, ce sont eux plus les autres ? Ou, si l’on préfère, les autres plus Khalifa Sall et Karim Wade ?

Quoi qu’il en soit, comment comprendre que la mayonnaise politique, qui n’avait guère pris, au sein de l’opposition, dans la perspective des Législatives de 2017, avec notamment l’accouchement avant-terme suivi de la mort de la coalition ‘‘Initiative 2017’’, ait pu prendre – prétendument s’entend ! – en cette veille de la Présidentielle du 24 février 2019 ?

En fait, pour se résigner, face à l’intransigeance de Macky Sall avec son diktat, l’on saurait « faire UN ». Mais pour faire rentrer dans leurs droits respectifs Khalifa Sall et Karim Wade, on sait plutôt se diviser, et de quelle manière !

Tout le contraire, donc, fort heureusement, en ce qui concerne l’opinion nationale, du moins si l’on en croit un baromètre de seneplus.com, qui passe en l’occurrence pour un sondage ; laquelle opinion nationale juge à 70% des « sondés » qu’une élection présidentielle sans Khalifa Sall et Karim Wade ne saurait être crédible, contre 30% dont 4% de ‘‘sans avis’’.

Ce qui correspondrait, en l’espèce, sans en être l’exacte mesure, au potentiel politique cumulé de Khalifa Sall et Karim Wade, qui, rappelons-le, sont officiellement disqualifiés pour la prochaine Présidentielle.

A cet effet, quel comportement pourraient bien avoir leurs électeurs potentiels, sachant que l’un et l’autre ne sont aucunement interchangeables avec aucun des challengers qualifiés du président sortant ?

En tout cas, il est fort à craindre qu’une consigne de vote de leur part ne soit, ici, de nul effet.

Et ça, Macky Sall le sait, il le savait déjà. C’est en fait son objectif.

Dakar, le 28 janvier 2019.
Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)