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Casamance : La Plateforme des Femmes réaffirme son engagement pour la paix

Casamance : La Plateforme des Femmes réaffirme son engagement pour la paix

La paix et le développement de la région naturelle de la Casamance a guidé la démarche de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc). L’organisation a fait un plaidoyer à l’Assemblée nationale hier pour inciter le Collectif des femmes parlementaires à s’engager pour une paix définitive au Sud du pays.

Les femmes sont sur la première ligne dans la recherche de la paix. C’est dans se sens que la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc) a fait un plaidoyer à l’Assemblée nationale. L’objectif de cette rencontre est d’inciter le Collectif des femmes parlementaires à s’engager à porter un plaidoyer en faveur de la paix en Casamance.

« Le Sénégal vit depuis 35 longues années un conflit atypique qui oppose l’Etat du Sénégal au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc). C’est pourquoi, nous avons pensé que les femmes parlementaires qui vivent les mêmes réalités que nous, qui connaissent les angoisses et les souffrances des populations, doivent pouvoir s’engager à porter le cri de cœur de leur sœurs », a fait savoir la présidente de la Pfpc, Marie Thérèse Diédhiou. Elle a indiqué que ce conflit fratricide a profondément affecté les différents secteurs économique, social, culturel et sécuritaire.

Les conséquences du conflit
Aujourd’hui, a souligné la présidente, ce conflit a enregistré 826 victimes de mines dont 162 femmes, des enfants et des étudiants qui, en venant à l’école, ont sauté sur une mine. « La plus jeune victime avait 13 ans quand elle sauté sur une mine. A cela s’ajoutent les cas de viol et de violence sexuelle, la précarité, entre autres, qui rendent la situation dramatique en Casamance même si l’on pense que le conflit est de basse intensité », a laissé entendre la présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance.

En outre, Marie Thérèse Diédhiou a soutenu que la question de la gestion des ressources naturelles, forestières et foncières, la porosité des frontières, le trafic de drogue sont autant de risques et menaces sécuritaires en Casamance qui peuvent impacter la dynamique du conflit et le processus de paix entre l’Etat et le Mfdc. « Une accalmie n’est pas une paix définitive. La tuerie du 6 janvier dernier dans la forêt classée de Bayotte est la parfaite illustration. Cette tragédie qui a mis à rude épreuve le silence des armes auquel les populations de la Casamance commençaient à s’habituer montre à suffisance la fragilité de l’accalmie », a-t-elle expliqué.

Aussi, a-elle relevé l’intérêt de renforcer l’engagement de toute une Nation pour l’avènement d’une paix définitive en Casamance. Pour la matérialisation de cette vision, la Plateforme des femmes de la Casamance a élaboré des programmes autour de cinq objectifs stratégiques : mobiliser les femmes de la Casamance naturelle pour la construction de la paix et de son développement ; positionner la Pfpc comme partie prenante aux négociations de paix en Casamance ; lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles en Casamance, mobiliser la société civile de la sous-région dans la lutte contre la violence et l’insécurité et travailler sur l’implication de la société civile sénégalaise dans le processus de paix en Casamance.

La deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale et présidente du Collectif des femmes parlementaires (Cfp), Mme Awa Guèye, s’est réjouie de la démarche participative de ces femmes. A cet effet, elle a invité toutes les femmes à s’engager aux côtés de la Plateforme des femmes pour cultiver la paix. « La femme donne la vie qui est sacrée. Aussi, elle est attentive à tout acte qui pourrait ôter la vie qu’elle a donnée.

L’engagement que ces femmes de la Plateforme exercent dans cette situation déplorable, témoigne à suffisance de leur souci de la responsabilité, mais surtout de conscience collective à apporter leur contribution à régler ce conflit », a fait savoir Awa Guèye, qui a réaffirmé l’engagement du Collectif des femmes parlementaires (Cfp) à porter le plaidoyer.

Tata SANE
Le Soleil, 3 mars 18

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