Déclaration CIU-MFDC: Le candidat Sonko et la résolution du conflit Casamançais

Posted by on 27/03/2019 1 h 18 min
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Categories: Débats

Objet : Le « candidat casamançais » à l’épreuve des fondamentaux socio politiques sénégalais ou de l’éternelle Casamance insurgée.

Pendant que les résultats de l’élection présidentielle s’égrènent laborieusement, sur fond de tentative de hold up électoral pour une vitrine de la démocratie en Afrique, force est de constater que l’appel au boycott lancé par le MFDC a été suivi, puisque le taux de participation en Casamance est resté faible, ne dépassant pas 50% sur l’ensemble du territoire de notre territoire.

La Casamance en lutte ne compte pas sur une quelconque démocratie sénégalaise, du reste, répressive, ni sur quelques fils et filles furent-ils attachés fraternellement à la Casamance qui ignorent que la question de la Casamance n’est pas encore évacuée, ni résolue tant que la problématique du vivre-ensemble n’est pas prise en charge de manière sérieuse; le médiateur crédible garantissant le processus de paix n’est pas trouvé; le lieu sécurisé devant abriter les pourparlers n’est pas fixé.

Quelle que soit l’issue du scrutin, le président choisi au second tour, le MFDC avait déclaré ne pas être concerné par ce scrutin, pour la raison simple : que la Casamance est en lutte politique, dans une crise maintenue dans le statu quo. Aucun processus de paix et de négociations sérieuses n’étant enclenché, à ce jour.

En Casamance, l´Etat et certaines élites misent sur la percée politique du frère Sonko pour affaiblir le nationalisme casamançais : quel que soit le scénario sous l’effet des fondamentaux socio politiques sénégalais, le frère sera l’instrument soit d’un régionalisme béat soit d’une imposture de l’intégration de la Casamance dans le Sénégal. Ce, bien qu’il ait rectifié sa déclaration, selon laquelle il sortirait ses « frères du maquis », une fois élu Président.

Puisqu’à l’heure de l’écriture de cette déclaration, le scénario de son entrée dans l’échiquier politique semble plausible, il ne pourra pas utiliser la Casamance comme un faire-valoir, ni s’appuyer sur le régionalisme casamançais intégré pour escamoter la question de la Casamance. Le frère Sonko a une approche quasi puérile pour faire face à la problématique casamançaise á trois dimensions : historico-culturelle, politico juridique et socioéconomique.

Malgré tout, les fondamentaux s’appliqueront au candidat « casamançais » comme aime à le présenter RFI, la radio des mesquineries. La conclusion s’imposera d’elle-même, en direction de l’idée que la fonction suprême au Sénégal ne serait jamais dévolue à un enfant de la Casamance. Au mieux, un deal avec Idrissa Seck lui permettrait d’occuper une fonction plus régalienne que celle occupée depuis des décennies par les politiciens casamançais devenus obsolètes.

Mais ce sera surement pour se voir appliquer la leçon que Diamacoune a toujours prodiguée aux élites casamançaises. « On les presse comme du citron, puis on les jette ». S’il est rusé, il doit changer radicalement de méthode, rompant avec le paradigme développementaliste, au profit du questionnement politique sur ce que doit être le statut de la Casamance. Car, « Fassimafu Fatamofamu le fu yuo Kinseng ».

La question de la Casamance survivra à cette épisode politique du Sénégal. Nous avons fait preuve de retenue pendant ces derniers temps. Ils ont été consacrés à raffermir la réunification politique et militaire du MFDC, á affiner les méthodes de lutte, en vue de la libération de frères détenus, tels Omar Ampoi Bodian et René Capain Bassène, ainsi que plusieurs dizaines de ressortissants des villages environnants de Boffa.

Des actions et initiatives de plus grande envergure seront prises pour relancer la lutte politique en rappelant les vérités que sont, la non sénégalalité de la Casamance, l’avenir d’un statut politique de la Casamance. Bienvenu au frère Sonko sur ce terrain du sérieux et de la rigueur qui caractérise fondamentalement la question de la Casamance dont les valeurs il se targue, n’est-ce pas !

Vive la Paix en Casamance, dans la vérité et dans la justice !
Vive la solution éminemment politique à la question Casamançaise !
Vive la lucidité des élites Casamançaises de quelque bord qu’elles viennent !
                                  
Fait en Europe le 24- 02-2019
Le CIU (cercle des Intellectuels et Universitaires du MFDC)