Communiqué MFDC : Si le Général Sadio avait 10 milliards

Posted by on 04/05/2019 17 h 43 min
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Dénonciation du rapport incriminant le Mfdc dans le supposé enrichissement du Président Jammeh via le Mfdc Cité dans le rapport, dont la fiabilité et l’impartialité laisse à désirer, produit par une ONG dénommée The Forest Trends et incriminant grossièrement le Président Jammeh, le MFDC tient à démentir son implication et son supposé gain estimé á plusieurs milliards de CFA dans le trafic du bois de la Casamance.

Si le Général Salif Sadio détenait la somme de 10 milliards de CFA, Attika aurait bouté dehors l´armée sénégalaise, le véritable trafiquant du bois Casamançais.

Pour rappel, l’exploitation par des entrepreneurs sénégalais soutenus financièrement par l’administration de Dakar et affiliés à des confréries religieuses sénégalaises qui avaient accès a tous les crédits bancaires, fut aussi l’une des sources du ras- le- bol des casamançais les ayant conduits à prendre les armes pour se défendre et pour protéger les ressources naturelles de la Casamance.

Bien avant les massacres de Boffa, la supposée spoliation par Jammeh des forêts casamançaises, le MFDC avait toujours dénoncé le fait que, sur toute l’étendue de notre territoire toutes les scieries qui ont impunément déforesté la Casamance, appartenaient à des affairistes nordistes.

Ce secteur de l´ économie casamançaise fait partie des cas cités par le MFDC et qui témoignait du fait que nos richesses, nos matières premières ont toujours été exploitées par les nordistes et exportés au Sénégal, sans aucune valeur ajoutée, faute d’industrialisation.

Comment pouvait-il en être autrement, quand on sait que dans le système religieux traditionnel Ajamaat par exemple, la forêt est sanctuaire à la fois, et partant, une valeur d’économie. Forêt sacrée implique réserve, lien naturel entre un peuple, une culture et son environnement.

C’est cela l’animisme ou, pour être moins péjoratif, l’un des pans du système spirituel Ajamaat. De plus, nos combattants qui portaient des colliers fait en bois, par lesquels on les distinguait, ont plus que jamais besoin de la forêt pour se doter d’un espace de liberté et d’action, en vue de combattre l’occupant.

Alors, c’est absurde, vu ces deux fonctionnalités de la forêt, que le MFDC et son armée se livrent à la déforestation de la Casamance. Y a-t-il eu un rapport sur la spoliation des ressources naturelles de la Casamance par les élites nordistes avant les 20 ans de règne de Jammeh ?

L ’exploitation de la forte se poursuit elle en Casamance oui ou non après Jammeh ? Et par qui et où passe ce trafic ? Combien d´envahisseurs sénégalais, bénéficiant des largesses confrériques et étatiques ont accaparé nos terres arables dans le Fouladou, le Pakao et dans le Kafountine, voire dans le Kassa ? Quelle ONG a enquêté là-dessus ?

En dépit du massacre de Boffa dont les commanditaires demeurent impunis, pendant que d’innocents casamançais, dont Oumar Ampoi Bodian, René Capain Bassene, des dizaines d’autres Casamançais croupissent dans les prisons sénégalaises, sans procès.

Au lieu de s’occuper de Khalifa Sall et de Karim Wade, les casamançais doivent se soucier de leurs prisonniers politiques. A commencer par celui qui prétend détenir le titre foncier électoral en Casamance, ou encore l’ex baron du PS qui se réjouit de la décapitation de l’aile politique intérieure du Mfdc, dont il n’est pas loin, passant ainsi pour le seul interlocuteur de Macky Sall sur la question de la Casamance.

Il est le substitut du MFDC, alors même que les leaders historiques sont exilés. Au revoir le processus de résolution politique du conflit, bonjour le pourrissement et le développementalisme.

L’analyse qu’on ne fait pas au sujet du conflit en Casamance, c’est que tant qu’il y aura conflictualité entre le MFDC et le gouvernement, une économie anormale qui arrange plus le Sénégal que la Casamance, s’instaurera. Elle est moins coûteuse, elle échappe au contrôle de l’Etat, elle appauvrit nos peuples.

Donc, ceux qu’il faut incriminer, ce ne sont ni Jammeh ni le MFDC, mais la situation ayant conduit au statu quo sécuritaire et politique.

Or, la solution de sortie de l’impasse réside seulement dans l’ouverture d’un processus de négociations politiques susceptibles de générer un texte d’accord, auquel les belligérants seraient astreints, sous la surveillance du garant international.

Fait en Europe le 01- 04- 2019
Le Cercle des Intellectuels et Universitaires du Mfdc