Contribution sur l’oeuvre de Bruno DIATTA, l’enfant de la République qui est parti comme il a vécu. Dans la discrétion !

Posted by on 18/12/2018 1 h 30 min
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Categories: La lorgnette

Né en 1948 et mort en 2018 que la terre lui soit légère

Major de sa promotion à l’ENA, Bruno n’a pas poussé la porte du protocole du Palais par la force d’un «bras long», ni n’a usé de quelque raccourci de circonstance pour trouver grâce au saint des saints.

Mais, par le biais de brillantes études effectuées au Sénégal et à Paris dans les années 1970. Avec son allure affûtée de jeune premier, le jeune Bruno Diatta, toujours la mise soignée et le pas alerte, est un teigneux qui ne préfère pas mourir avec les idées des autres. Son sérieux n’a d’égal que sa ténacité.

La scène qui en témoigne avec à propos se passe dans le bureau du ministre de l’Education, Assane Seck, dans les années 1968-1973. Bruno Diatta, alors jeune bachelier qui vient de décrocher son Baccalauréat littéraire au lycée Van Vo (actuel Lamine Guèye) avec la mention «Bien», est reçu par le ministre pour se faire remettre une bourse d’études à l’étranger, comme il était de coutume pour récompenser les élèves les plus méritants du Sénégal de ce Soleil des indépendances.

«Tu veux aller étudier quoi ?», questionne le ministre de l’Education d’alors, Assane Seck.
«Sciences Politiques !», tonne sec le jeune Bruno Diatta.
«Ça, je ne peux pas vous le garantir, parce que nous ne donnons pas des bourses pour Sciences-Po. Alors, je te propose de retourner chez toi, de réfléchir à tête reposée et de me revenir avec une nouvelle proposition», conseille le ministre de l’Education d’alors.

Bruno Diatta revient quinze jours plus tard dans les couloirs du ministère. A peine assis devant le ministre, il répète à l’envi son souhait de faire Sciences-Po. Uniquement Sciences-Po. «A l’époque, j’étais coincé, parce que parmi tous les élèves que j’avais reçus, c’était le seul qui voulait faire Sciences-Po. Finalement, comme il était brillant, je lui ai donné une bourse pour Sciences-Po Toulouse», confie le professeur Assane Seck.

La vingtaine ambitieuse et des idées pleines la tête, Bruno débarque en France avec la ferme volonté de réussir ses études à Sciences-Po Toulouse (France). Dans la Ville Rose, il fait une course contre la montre, car il a envie de terminer ses quatre années d’études et de rentrer au plus vite au pays.

Sa Maîtrise en poche, Bruno Diatta retourne au Sénégal en 1976 pour intégrer l’Ena (Ecole nationale d’administration). Son ami d’enfance, Charles Gérard : «Il a fait deux ans à l’Ena et est sorti Major de sa promotion. Il était de la même promotion que Doudou Salla Diop, l’ancien ambassadeur du Sénégal en France.»

Entre-temps, Assane Seck devient le chef de la Diplomatie sénégalaise. Encore charmé par le parcours brillant du jeune Bruno, le ministre des Affaires étrangères Assane Seck fait appel au «jeune d’alors bardé de diplômes». «Je l’ai nommé conseiller technique à mon Cabinet, car il était tellement brillant et je ne voulais pas qu’il se fasse détruire sa carrière dans les ambassades», raconte M. Seck.

Bruno Diatta, frais émoulu de Sciences-Po Toulouse, étonne par son sérieux et son sens de l’initiative. Il ne va pas tarder à taper dans l’œil du Président Senghor qui, lors d’une visite de routine au ministère des Affaires étrangères, tombe sous le charme de ce garçon séduisant et brillant. Il décide de l’enrôler au service de protocole où il y avait déjà le guilleret Cheikh Lèye qui dirigeait le service.

Mais, Bruno se voit très vite désigner Chef de protocole à la faveur d’une promotion de Cheikh Lèye, au rang d’ambassadeur du Sénégal en République fédérale d’Allemagne en 1979.

Bruno a alors les pleins pouvoirs et règne en maître au sein du service de protocole. Il participe et anticipe, étonne et détonne par sa discrétion et son sens de l’organisation.

Vu sur la page facebook  de Paap Nianthio Sané