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Décès de Bruno Diatta, ambassadeur et chef de protocole du président de la République.

Décès de Bruno Diatta, ambassadeur et chef de protocole du président de la République.

Mes hommages à ce grand homme éternel serviteur de la nation.

Originaire de Cabrousse de par son grand-père paternel Benjamin Diatta (premier chef noir du Canton d’Oussouye) et fils de Edouard Diatta (ancien ministre, député et maire d’Oussouye), Bruno a marqué les esprits par sa discrétion, son efficacité et son professionnalisme qui ont imprimé ses empreintes dans l’histoire du protocole et de la diplomatie Sénégalais depuis Senghor jusqu’à Macky Sall.

Ce diplômé de Sciences-Po Toulouse, major de sa promotion à l’ENA, a été au service de la nation en tant que chef de protocole du président de la République depuis environ 40 ans, ou presque. Une particularité étonnante chez l’homme est sa droiture professionnelle, son civisme et sa probité exceptionnels, inébranlables.

En plus de 40 ans de service au plus haut niveau de l’état, certainement au fait de tous les dossiers les plus secrets, Bruno Diatta, l’homme qui murmurait aux oreilles des présidents, n’aura jamais accordé une seule interview (à ma connaissance) à un journaliste, dans ce pays où côtoyer un président ou un ministre de la République est le meilleur raccourci vers la célébrité, la « TV stardom ».

Dans ce pays où la corruption, les détournements de deniers publics et l’enrichissement illicite font des milliardaires en des temps records, Bruno qui aura brillé par sa modestie, ne sera connu dans aucun dossier compromettant, de Senghor à Macky en passant par Diouf et Wade. Sa vie se propose comme un exemple à la jeunesse africaine et particulièrement celle sénégalaise.

Pas étonnant du tout, Bruno avait de qui tenir ! Son père Edouard Diatta, fut ancien copain d’école de Senghor, ancien secrétaire principal des Greffes et Parquets, conseiller général de la 4e circonscription de Dakar, député à l’assemblée territoriale en 1946 (tout comme Senghor), puis ministre sous la loi cadre avant les indépendances (comme Senghor aussi).

Après les indépendances, Edouard Diatta devient à nouveau ministre, député et maire d’Oussouye. Certains soutiennent que Victor Diatta, un des deux frères de Edouard, ancien combattant de la guerre 1939-1945 et père de Feu Jean Diatta (Ancien journaliste à RFI), aurait été le premier agrégé noir de littérature, bien avant Senghor.

Le deuxième frère de Edouard, l’administrateur civil Alphonse Diatta, a lui, suivi les pas de Benjamin leur papa. Son passage en tant que préfet d’Oussouye, entre temps passé de « Canton » à « Préfecture » à la faveur des indépendances, a été très remarqué.

Mais celui qui possédait le plus le sens de la diplomatie dans le sang, était certainement le grand-père Benjamin Diatta. Premier noir nommé chef du canton d’Oussouye, il devait faire face à un climat presqu’insurrectionnel permanent des « indigènes » contre le colon jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Le refus de l’enrôlement militaire et du versement de l’effort de guerre pour la deuxième guerre mondiale, la guerre d’Effok (deux évènements auxquels le cinéaste Sembène Ousmane fait allusion dans « Emitai » et un peu plus furtivement dans « Camp de Thiaroye ») et la révolte menée par Aline Sitoé Diatta, en ont été les dernières manifestations.

Paix à son Ame et que la terre du Sénégal lui soit légère. Mes condoléances à tout le Sénégal, spécialement au département d’Oussouye, à tout son Saint Louis natal, la ville de sa maman Clothilde D’Erneville et à Cabrousse, la cité d’Aline Sitoé Diatta

Dr. André Diatta

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