Emprisonnement du journaliste René Capain Bassène: Quand parler à un rebelle devient un crime au Sénégal

Posted by on 12/12/2018 17 h 56 min
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Parler à un rebelle du MFDC serait-il devenu un crime au Sénégal ?

Chers compatriotes, il ne faut pas qu’une certaine idée de la République nous amène à marchander nos droits fondamentaux. Nous l’avons vu, la question de l’indépendance de la justice est encore d’actualité au Sénégal avec toujours en filigrane la question de son instrumentalisation politique.

Face à la colère juste du peuple sénégalais, les Casamançais en premier et ce par rapport à ce qui s’est passé à Bofa, nos représentants publics essaient d’instrumentaliser la justice pour régler des comptes en Casamance.

Nous ne devons pas laisser faire, car ce serait cultiver le flou derrière une situation pourtant facile à comprendre. Il nous faut rester constant derrière la promesse de SEM Macky Sall faite le 31 décembre 2017… La consolidation de la paix.

En réalité, il n’y aura pas de consolidation de la paix à travers « une paix des braves » si nous tombons dans le piège de ceux qui cherchent par tous les moyens à insuffler le venin du doute dans nos convictions pacifiques. En parlant de consolidation de la paix, le Président Macky Sall, nous le gageons, savait qu’il y aurait un sacrifice à y consentir.

Personne ne pouvait prédire la nature de ce sacrifice. Mais tout ce qui arriverait, devrait nous permettre d’appréhender les risques à venir. Et conséquemment, assumer les jugements négatifs sans chercher à les satisfaire dans la hate au risque de nourrir un sentiment de vengeance qui fait qu’aujourd’hui, des personnes innocentes (jusqu’à preuve du contraire) sont mises en prison, soupçonnés d’avoir communiqué avec le MFDC. C’est le cas de René Capain Bassène.

On met ainsi en prison des gens dont les faits pour lesquels ils sont accusés est sans lien avec le crime, dès lors même que le MFDC clame sont innocence. Soit on accuse le MFDC directement d’être derrière ce massacre crapuleux dont les causes sont toutes aussi criminelles et dans ce cas, demander au mouvement de collaborer en livrant les auteurs. Soit on nous dit que personne ne doit plus parler avec le MFDC.

Car, interpeller des gens pour les mettre ensuite en prison pour le seul fait d’avoir communiqué avec les combattants du MFDC dans une telle enquête revient tout simplement à accuser le MFDC sans le dire.

Les risques d’une telle mesure hasardeuse, serait de donner le sentiment que parler avec un membre du MFDC est interdit alors même que la consolidation de la paix nécessite forcément une interaction entre les populations et lesdits combattants du mouvement indépendantiste.

En outre, fermer les yeux sur ce qui se passe actuellement en Casamance revient à cautionner encore plus le caractère liberticide du pouvoir de nos représentants publics.
C’est dans ce sens d’ailleurs que nous faisons appel à vous pour trouver un avocat à René Capain Bassène.

Bien évidemment, il y aura toujours des esprits atteints qui verront en cette quête de justice le mal absolu. Mais tout homme n’a-t-il pas droit à la justice?