Posted by on avril 7, 2020 9:41
Tags:
Categories: Hinterland 2 - Oped w/Casav

Un extrait vidéo des faits….

Le dernier séjour du journaliste Umaru Fofana en Gambie a été très bref… juste une nuit à l’hôtel pour quelqu’un qui voulait boucler son enquête…

Le journaliste de BBC et l’équipe qui l’accompagnait en provenance de la Casamance, ont été escortés de la rive gauche du fleuve Gambie à la rive nord (droite) sur la frontière avec le Sénégal où on leur a remis leurs passports renseignant ainsi la fin de leur droit de séjour en Gambie.

Pendant ce temps, alors qu’ils étaient en train d’être expulsés sous escortes, le ministère de l’information leur vendait l’idée qu’ils pouvaient travailler librement en Gambie.

Le documentaire n’était pas encore sorti que le régime gambien avait compris que la présence du journaliste dérangeait jusqu’au plus haut niveau. Et c’est la liberté à l’information qui souffre dans tout ceci

Alire aussi L’anxiété en Gambie s’intensifie alors que Barrow renie sa promesse de liberté de la presse
via ytCropper

Ce que le gouvernement de Barrow nous faisait croire alors…

Le régime du président Barrow nous faisons alors savoir dans la semaine du 24 janvier 2020 que le journaliste de la BBC Umaru Fofana ainsi que des des ressortissants Britanniques et Français ont quitté la Gambie pour absence ou problème selon d’autorisation de mener leurs activités d’enquêtes journalistiques.

Le ministère de l’information “définforme”

Selon le Ebrima Sylla, le Ministre de l’information et des communications qui a pourtant appelé en direct (si l’on se fit à l’archive du documentaire) le journaliste Umara Fofana pour lui assurer qu’il pouvait faire son enquête, ce dernier n’avait pas obtenu l’autorisation du gouvernement.

Est-ce une manière de se dédouaner?
Façon de dire que lui il aurait autorisé et que sa hiérarchie aurait refusé.

Mais ses déclarations démontrent une certaine solidarité avec le gouvernement quand rejette la faute sur les journalistes et leur fait dire des faussetés que les images révèlent.

En effet pour le ministre, “l’équipe de la BBC est entrée dans le pays sans autorisation ni accréditation pour travailler”. Il aurait fait des efforts pour que l’équipe reste dans le pays pour travailler (d’où son coup d’appel à Fofana qui était pourtant sous escorte extraditoire).

Mais, il entre en contradiction avec les faits en vidéos quand il dit que lorsqu’il a appelé Fofana et ses collègues, “ils ont répondu depuis le ferry l’informant que leur mission était prévu pour deux jours et ils doivent partir”.

En d’autres termes, ils étaient pour au plus une nuit… alors pourquoi confisquer leurs passports et les escortés hors de la Gambie quand on pouvait naturellement les laisser partir de leur gré comme ils sont venus.

Le propos de défense du gouvernement s’est fait dans les colonnes dans “The Voice” où le ministre se défend «qu’un pays ne fonctionne pas comme ça, et si un journaliste étranger veut travailler dans un pays étranger il doit avoir l’autorisation ou l’accréditation de l’autorité”. Pour ensuite dire que,

J’ai été informé que Fofana et ses collègues sont arrivés à 23 heures de Ziguinchor, au Sénégal et le matin, j’essayais d’organiser leur séjour pour faire leur travail, mais ils m’ont dit que leur mission était de deux jours.

Pour le porte parole du gouvernement, ils n’étaient pas en règle

M. Ebrima Sankareh, porte-parole du gouvernement a révélé à The Voice que lorsque les services de l’immigration l’ont contacté (certainement le jour de leur arrivée en provenance de la Casamance), il a fait des efforts (en acceptant leur entrée en Gambie?) tout en sachant que, “dans n’importe quelle partie du monde lorsque vous couvrez un grand événement en tant que journaliste vous avez besoin d’une accréditation”.

Pour le porte parole du gouvernement, les éléments de la déclaration de demande de séjour de l’équipe de journalistes n’étaient pas concordant. Et pour cause, “le journaliste avait déclaré qu’ils venaient de Casamance Sénégal sud où ils réalisaient un documentaire sur l’exploitation forestière illégale et qu’ils traversaient la Gambie en transit”.

Ils n’avaient donc pas le droit de filmer sur la question si l’on comprend la suite du propos du Sankareh quand il ajoute que, “même si en Gambie les journalistes travaillent en toute liberté, cela ne donnait aucun droit à un journaliste (étranger) accrédité ou autorisé de simplement marcher dans le pays et de collecter des informations”.
Faut-il d’autres autorisations supplémentaires?

Ce qui est à supposer, c’est que le prétexte pour expulser le journaliste Umaru Fofana (citoyen de la CEDEDAO) ainsi que son équipe est lié au fait que leur arrivée au Sénégal, leur séjour en Casamance et leur entrée en Gambie en provenance de Ziguinchor pour enquêter sur le trafic du bois n’était pas passé inaperçu.

Pour les services de l’immigration gambienne qui distinguent la Casamance vs le Sénégal quand ils remplissent leurs fiches d’immigration (petite anecdote, un passavant pour le nord du Sénégal n’est pas valide pour le sud en Casamance – histoire coloniale oblige!!!), le seul fait de les renvoyer au nord et non au sud est une manière délibérée de les éloigner de la zone.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code