Fausse note – hommage à Bruno Diatta à la TFM.

Posted by on 12/12/2018 10 h 15 min
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Émission spéciale ,décès de Bruno Diatta, sur la TFM, animée par un « communicateur traditionnel  »

L’animateur a invité un prêtre , abbé Jacques Seck, avec Mme Penda Mbow, (historienne et ancien Ministre qui a eu à travailler avec Bruno Diatta) , et Pr. Lamane Mbaye je crois.

Quelle est la pertinence d’inviter un prêtre ? Pourquoi pas un chef Diola ?

Bruno Diatta a incarné la république, indépendante des ethnies, croyances religieuse, partis politiques,…

Ce n’est pas maintenant qu’il faut le renvoyer ( l’enfermer ? ) dans une communauté ( j’ai constaté que c’est une tendance assez lourde, depuis quelques années). Il a servit la république, selon les textes officiels avant tout, et guidé peut être par sa traditions, son instruction, ses convictions religieuses.

Cette mentalité ( renvoyer les gens à des groupes) est très présente au Sénégal et pose d’énormes problèmes. Cela exprime une incapacité à voir un sénégalais en citoyen tout court, et à le voir systématiquement comme le membre d’un groupe, et à reporter sur lui les préjugés ( favorables et défavorables) qu’il y a entre les différentes communautés. L’individu n’existe pas, le mérite personnel ou le défaut personnel sont inconsciemment rattachés à sa communauté.

Puisqu’on a des communautés/groupes parfois en concurrence ou antagoniques, il y’a un refus de reconnaître à certains sénégalais leur mérite car le faire serait aussi dire du bien de leur communauté ( puisque les gens sont enfermés, souvent malgré eux, dans des groupes). De même, d’autres ne sont pas critiqués, dénoncés comme il faut à la suite de mauvaises actions, parce que le faire serait critiquer, dénoncer leurs communautés.

Remarquez que Senghor est systématiquement renvoyé à « sa communauté catholique  » ( plus souvent d’ailleurs que sa communauté sérère), Wade à sa « communauté mouride » , Macky à sa « communauté peulh », pour Diouf c’est moins clair , parfois à sa  » sérérité » mais sans conviction. C’est le cas pour d’autres aussi.

Les serviteurs de la république devrait être vus comme tels. Les rattacher systématiquement ( en silence ou en le disant publiquement) à leurs communauté s, et plus grave , à juger leur action publique sous cet angle, n’est pas sain et renseigne sur une « nation » fragile qu’il faut consolider.

Auteur Niel Simel
23 septembre 2018
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