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Gal. A.A. Dieng: « Rahan » le Gouverneur-militaire de Zig., « Pays du refus légendaire »

Gal. A.A. Dieng: « Rahan » le Gouverneur-militaire de Zig., « Pays du refus légendaire »

Après 86 années d’une vie tumultueuse passées à servir l’Etat du Sénégal, le général Amadou Abdoulaye Dieng a tiré sa révérence; loin de cette Casamance qu’il voulait pacifier. Décédé dans la matinée d’hier, lundi, le deuxième et dernier gouverneur militaire de la Casamance a été rendu à la terre de Yoff vers les coups de 18 heures, à Dakar.

Gouverneur Amadou Abdoulaye Dieng. Son n’évoque rien aux jeunes générations. Et à Ziguinchor, rien ne rappelle -physiquement- son passage sur ces terres qu’il était venue pacifier.

Et pourtant, de tous les administrateurs que la gouvernance de Ziguinchor a vu passer, il est celui qui aura été le plus connu. Le plus clivant. Contrairement au général Amadou Bélal Ly, le premier gouverneur militaire de la région de Casamance -ce territoire englobait Kolda, Ziguinchor et Sédhiou- qui a laissé son nom à un rond point, l’homme qui est mort hier, de vieillesse, aura été celui qui, par son règne, aura le plus marqué les sudistes, militaires, rebelles comme civils. Et laissé ses empreintes dans la conscience collective de ses congénères du sud.

Sous chef d’Etat-major de l’armée, c’est ce militaire passé dans les rangs du Régiment des Tirailleurs Sénégalais qui a hérité de la gouvernance de Ziguinchor alors que la toute la Casamance était en proie à une rébellion armée sevrée de ses chefs emprisonnés depuis plusieurs années.

Surnommé « Rahan » par les militaires, l’homme qui a reçu du Président Abdou Diouf la consigne « de pacifier la Casamance par tous les moyens » s’y est mal pris au pays du refus légendaire. Et le climat de terreur qu’il a instauré en Casamance, en donnant tous les pouvoirs aux militaires, a créé de nombreuses frustrations. Et permis au MFDC de recruter tous azimuts sans chercher à séduire les jeunes.

Sous son règne, c’est toute la Casamance prise, entre le marteau de rebelles sanguinaires et l’enclume de soudards fous furieux, qui a été plongée dans la terreur. Des exécutions extra judiciaires comme des assassinats ciblés à la pelle ont fini par transformer le sud, jadis pacifique, en une terre de non droit sur laquelle il fallait imposer « l’état d’urgence » et « le couvre feu. » Et cela de 18 heures à 8 heures du matin.

Classée « zone militaire« , la Casamance a, pendant cette période des années 90, été transformée en zone de non droit où aucune âme n’est visible dans les rues à partir de 18 heures. Victimes collatérale de ce régime de terreur, de nombreux déficients mentaux ont été exterminés dans les rues de Ziguinchor; parce qu’ils ne se sont tout simplement pas arrêtés lorsque le militaire leur a crié halte.

C’est pendant cette triste période du règne du général Amadou Abdoulaye Dieng, marquée par toutes sortes de violations des droits de l’homme, que de nombreux jeunes -qui trouvaient ringard le discours des vieux du MFDC- ont trouvé des motifs légitimes de rejoindre la rébellion. Et redonner un nouveau souffle à cette rébellion qui continue d’endeuiller cette belle région.

Source:::: Titre d’origine KEWOULO.INFO: Général Amadou Abdoulaye Dieng: L’encombrant legs laissé à la Casamance
Babacar Touré – août 7, 2018

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