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Il appartient à Macky de mettre fin au désordre noté dans les activités de recherche de la paix

Il appartient à Macky de mettre fin au désordre noté dans les activités de recherche de la paix

L’appel lancé au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) par le chef de l’État, Macky Sall, lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre dernier, pour une paix définitive dans cette zone sud du pays, suscite moult réactions de la part des acteurs au fait de la crise.

En effet, invité à analyser le discours du chef de l’État sur cette question, le journaliste-ecrivain, René Capain Bassene trouve qu’il est temps que le président mette de l’ordre dans les activités de recherche de paix. Qui plus est, l’observateur de ladite crise reste convaincu de la nécessité d’initier « un véritable processus de négociations doté d’un contenu réel et d’une vision claire ».

Monsieur Rene Capain Bassene, quelle analyse faites vous de l’appel du président Maky Sall à l’endroit du Mfdc?

C’est une excellente chose. Cependant, il est grand temps que cette volonté exprimée de sa part d’aller vers la table de négociations avec le Mfdc soit suivie d’actes concrets. Il ne faudrait pas que cette déclaration du 31 décembre 2017 soit un appel de plus car nous avons encore en mémoire sa main tendue au Mfdc en 2012, son invite à la paix des braves de 2014 et son clin d’œil à la rébellion en mars 2015 à l’occasion de la cérémonie de la levée des couleurs. J’espère que cette fois ci, il prendra un ferme engagement politique dans le sens de trouver une issue heureuse à ce vieux conflit. Et pourtant sur le terrain, les choses sont en train de positivement évoluer, ce qui a d’ailleurs amené le président de la République à féliciter et encourager les acteurs de paix.

Vous voulez parler des mesdames et messieurs Casamance ?

Sur ce point, je dirais sans détour que le président concernant les tentatives de recherche de paix en Casamance est très mal informé. En vérité, les nombreux acteurs de paix déployés sur le terrain ont plutôt contribué à compliquer la situation en lieu et place de jeter les bases d’une solution durable de sortie de crise. Il n’existe aucune synergie d’actions entre eux. Chacun y va avec son programme.

En leur sein, il y a de véritables colporteurs de la paix qui n’hésitent pas à se glisser des peaux de bananes, à se verser dans la calomnie des uns à l’endroit des autres dans le seul but de mieux vivre du conflit. Ils se tiraillent la paternité d’une accalmie dont ils ignorent comment elle est advenue. Je suis étonné d’entendre le président de la République les féliciter.

Quelle est la situation actuelle concernant les activités de recherche de la paix en Casamance ?

A l’heure où je suis en train de vous parler, hormis la communauté Sant Egidio qui est, depuis quatre ans, en train sans résultat probant de discuter avec Salif Sadio, les portes des maquis se sont depuis octobre 2014, subitement fermées et hermétiquement refermées à tous les acteurs et autres facilitateurs. Ils n’ont plus la possibilité de rencontrer les chefs combattants. La vérité de nos jours est que malgré la trêve notée sur le terrain, toutes les tentatives de recherche de la paix en Casamance sont dans l’impasse totale.

D’un côté, Sant Egidio ne parvient toujours pas à obtenir un accord fiable avec Salif Sadio. De l’autre, aucune initiative publique ni privée n’est en train d’être menée dans le sens de rapprocher les factions réunifiées de César Atoute Badiate, Ibrahima Compass Diatta et Fathomas Coly aux autorités sénégalaises en faveur d’une ouverture de négociations sincères d’où la pertinence de l’invite de monsieur Saliou Sambou demandant au chef de l’Etat de déclencher le processus de négociation parce qu’en réalité tout est au point mort.

Pour ma part, je fais mienne la déclaration de monsieur Robert Sagna qui en décembre 2016 avait invité le président Maky Sall à « mettre à profit cette période d’accalmie pour entreprendre des négociations avec les différentes factions rebelles ». Je crois qu’il appartient dorénavant au président Maky Sall de mettre fin au grand désordre noté dans les activités de recherche de la paix et d’initier un véritable processus de négociations doté d’un contenu réel et d’une vision claire en faveur d’un retour à la paix durable en Casamance.

Jean Michel DIATTA | 03/01/2018
SudQuotidien

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