Ils ont sacrifié leur liberté pour que nous puissions jouir de la nôtre

Posted by on 19/02/2019 10 h 05 min
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La démocratie ne se mange pas. La liberté n’a pas sa place dans nos assiettes. Tandis que le pain se mange. Autant que se consomme l’électricité.

Mieux, l’électricité éclaire jusque dans nos lieux de culte. Elle éclaire nos prières, voire notre foi. De sorte que nous ne savons plus aller à Dieu dans le noir.

Dieu lui-même sait-il encore nous visiter dans nos obscurités les plus intimes, quand précisément nous sommes en état de veille ?

En tout cas, nous avons comme le sentiment que, pour venir à nous, aujourd’hui plus qu’hier, Dieu a besoin d’être guidé par la lumière des hommes, en tant qu’effet ou reflet de leur état d’éveil.

D’ailleurs, le prosélytisme n’est-il jamais que la doigtée par excellence avec laquelle on expose sa foi à la lumière ?En fait, le prosélytisme ignore, ou déteste, l’obscurité.

Alors, pourquoi s’étonner que des imams descendent dans la rue, ameutent leurs fidèles, tous éclairés (par) et nourris à la « théologie de l’électricité et du pain », précisément pour réclamer l’électricité et le pain, non pas à la Providence de Dieu, mais à celle des hommes ?

Qu’à cela ne tienne, de tout temps, partout à travers le monde, dans chaque pays ou région, chaque nation ou peuple, chaque société ou communauté, il existe une constante qui veut que des hommes et des femmes sacrifient leur liberté pour que les générations suivantes gagnent la leur, et en jouissent.

Or, à cet endroit précis, au Sénégal, et à cet instant précis, c’est-à-dire à un mois jour pour jour de la prochaine Présidentielle prévue le 24 février 2019, qu’en est-il de notre liberté en tant que Citoyens ? Et que voulons-nous en faire ? Ou bien, que devons-nous en faire, face au diktat du président Macky Sall, candidat à sa propre succession ?

C’est que le président sortant entend se maintenir au pouvoir (c’est son droit !), coûte que coûte (auquel cas l’Etat de droit déserterait l’Etat, pour laisser net ! la place à l’Etat d’arbitraire).

Sauf que, dans l’entendement du président Macky Sall, au terme du processus électoral en cours, il y a le terminus pour tout le monde ; et, pour lui, tout le monde doit descendre du TER, et attendre le prochain TER. Destination : le 3ème mandat.

Mais avant cela, il y a le « coup ko », que nous devons tous subir, exactement pour avoir renoncé à l’exercice de ce qu’il reste de notre liberté. Car, alors, qu’est-ce qui peut bien stopper Macky Sall dans sa course effrénée en vue d’un 2nd mandat ?

La liberté se prend, ou s’arrache, avant de s’exercer, sinon de s’apprendre.Soit dit en passant, nous avons apprécié et aimé, à sa juste valeur, l’appréciation du processus électoral en cours de la part des évêques du Sénégal, qui se positionnent, en l’occurrence, objectivement, à équidistance entre le pouvoir et l’opposition.

En l’espèce, les évêques ont fait la démonstration qu’ils sont des hommes libres, et qu’ils entendent exercer leur liberté, pleine et entière, en dépit du caractère hautement critique de la situation politique actuelle, ou à cause même de cela. Et sous ce rapport, à l’instar de leurs homologues de la République Démocratique du Congo (RDC), ils font la fierté de l’Eglise, du Sénégal et de l’Afrique.La liberté se prend, ou s’arrache, avant de s’exercer, sinon de s’apprendre, disions-nous. Mais pourquoi exercer sa liberté ? Quand et comment ?

Les évêques du Sénégal, comme leurs homologues de la RDC, en ont donné substantiellement la réponse.

Pourquoi donc exercer sa liberté ? – Eh bien ! pour le préférable-par-excellence.

Et comment l’exercer ? – De la manière la plus en adéquation ou la plus conforme à sa « mission » sinon à l’idée que l’on s’en fait, librement acceptée, et en conscience.

Sachant toutefois – Quand l’exercer ? – qu’il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour agir. Mais agir opportunément, sinon promptement.

C’est ce que nous concevons comme une éthique de la liberté.

Dakar, le 24 janvier 2019.
Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)