Search

Industries – Memorandum, événements décembre 1982 (suite)

Industries – Memorandum, événements décembre 1982 (suite)

4- Problèmes industriels en Casamance : cas de la Société du Domaine Industriel de Ziguinchor (SIDIZI)

La politique gouvernementale de décentralisation industrielle répond au souci de réaliser un développement harmonieux de l’ensemble national.

Elle se concrétise petit à petit par la création de domaines industriels au niveau des différentes régions. C’est ainsi que progressivement ont été mis en place les domaines industriels de Dakar, Ziguinchor, Thiès Kaolack, Saint-Louis, etc.…

Parmi les tout premiers à être mis en chantier (1975), la Société du Domaine Industriel de Ziguinchor (SODIZI) traverse cependant actuellement une situation difficile en raison de l’état d’abandon total dont elle est victime depuis bientôt dix ans.

Difficultés relatives à son installation
Un rappel succinct de l’histoire de la SODIZI éclaire d’une lumière crue la manque total de soutien dont a toujours souffert cette société à l’inverse des autres du même genre implantées dans les autres régions.

Créée depuis 1973 avec un capital de 8 270 000 FCFA, porté à 15 910 000 FCFA en 1976, la SODIZI a acquis toute seule ses terrains (TF 401 BC et TF 199 BC). La première tranche de construction des ateliers a été entièrement financée et réalisée par elle pour un montant de 13 Millions CFA et la seconde tranche menée jusqu’au niveau du chainage supérieur. Ne recevant aucun soutien, ni la moindre subvention ou aide, aussi bien de l’Etat que de l’Extérieur, la société s’est peu à peu essoufflée et se trouve aujourd’hui quasi bloquée. Et pourtant :

-La Société du Domaine Industriel de Dakar en voie de création en 1977 a bénéficié d’une subvention d’exploitation dès fin 1977.

-Le domaine Industriel de Kaolack (cf. rapport SONEPI 1979-1980) a reçu une subvention de 52 Millions FCFA au titre de 10 Millions d’équilibre et 42 Millions d’équipement.

-Le domaine de Saint- Louis a reçu une dotation de l’Etat de 6 Millions dans un premier temps pour la réfection des bâtiments existants.

Ainsi contrairement aux autres domaines industriels, la SODIZI n’a jamais bénéficié, ni au départ de sa création et encore moins après son installation par ses propres moyens du moindre soutien de l’Etat du Sénégal. Elle vit toujours d’espoir sur la base de promesses qui lui sont faites par les autorités comme par exemple celle pour son exploitation de 15 millions qu’elle attendait encore au moment de notre passage. Même les subventions qui lui sont accordées par décision officielle (ex les 5 Millions inscrits au chapitre 2.872 article 3000-I dans l’exercice 1980-1981) ne lui sont jamais versées.

L’étude du projet d’extension (mise en place des infrastructures de base) d’un montant de 110 millions CFA a été réalisée par l’OSONEPI en Février 1979. Elle a été agréée par le comité interministériel des Investissements. Sur la base d’engagements très officiels, sa réalisation était supposée être entièrement à la charge de l’Etat. Jusqu’à l’époque de notre enquête, les travaux n’avaient pas encore obtenu un début de réalisation et l’extension du domaine industriel prévue depuis 1979 souffre toujours de l’absence de financement. De ce fait, l’accès au domaine devient très difficile en hivernage. Aucun plan d’assainissement n’a par ailleurs, été réalisé au domaine industriel où il n’y a aucun système d’évacuation des eaux usées et des pluies.

La non réalisation du projet d’extension a obligé une réactualisation par la SONEPI en janvier 1983. L’essentiel reste encore à faire.

b) Difficultés en matière de personnel d’encadrement

Contrairement aux entreprises de Dakar, encadrés régulièrement par la SONEPI, le domaine industriel de Ziguinchor n’a pratiquement jamais bénéficié du moindre encadrement. Il fonctionne avec un personnel réduit à sa plus simple expression.

.En 1978, ce personnel se limitait au Directeur, détaché de la SONEPI. Il assumait cumulativement les fonctions de Représentant de la SONEPI pour toute la Casamance, Directeur de l’entreprise de construction métallique et Responsable du projet rotin.

.En 1980 fut recruté un comptable

.En 1983, un cadre (Maitrise de gestion) a été affecté à la SODIZI pour seconder le Directeur. Et c’est uniquement à cette occasion que la SODIZI a reçu une subvention de 5 Millions CFA.

A l’instar de ce qui existe ailleurs dans les autres domaines industriels et dans un souci d’efficacité, de rentabilité, le personnel de SODIZI doit être davantage étoffé.

C) Perspectives d’avenir de la SODIZI

Profitant des potentialités de toute sorte que recèle la région, notamment agricoles, Ziguinchor doit jouer pleinement son rôle de pôle de développement régional. Il serait alors hautement souhaitable que son domaine industriel puisse accueillir dans les meilleures conditions possibles le maximum de PME.

Suite à une mission d’identification des projets SONEPI-SOFISEDIT, il a été recensé en Casamance, un certain nombre de projets (une centaine).

Ce travail a été réalisé par la SODIZI et le Secrétariat Général de la Chambre de Commerce de Ziguinchor. Il était prévu une autre mission SONEPI-SOFISEDIT pour finaliser l’étude de ces projets et retenir ceux qui sont les plus rentables en vue d’un financement. Ce travail a été fait pour certaines régions et la Casamance attend avec patience qu’on pense aussi un peu à elle.

à suivre…

Related posts