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« Inégalité de traitement’’ entre régions: Quand la Casamance réclame Macky

« Inégalité de traitement’’ entre régions: Quand la Casamance réclame Macky

Quand Ziguinchor réclame le Président de la République, le symbole est fort. Capitale d’une région naguère séparatiste qui souhaite ardemment tourner le dos au passé et construire son avenir, c’est la deuxième fois que la Casamance, du moins une partie de ses fils, réclame la présence du Président Macky Sall.

La première fois, c’était lors du massacre de la forêt Boffa-Bayotte, et la seconde était justement hier, quand des Ministres auraient été chassés par des populations qui réclament le Président de la République.

Et il est regrettable de constater qu’à chaque fois, elles font le parallèle avec un malheur qui s’est produit ailleurs et pour lequel le Chef de l’Etat aurait eu plus de diligence. Elles réclament alors une égalité de traitement par rapport à leurs concitoyens du Nord. En somme, elles souhaitent recevoir plus de considération et d’appui de la part des hautes autorités étatiques.

Sur la forme, il est heureux que la région sud d’où sévissait des velléités indépendantistes pendant toutes ces dernières décennies, s’inscrive dans cette dynamique de reconnaissance de son appartenance à l’Etat ainsi uni et indivisible.

Dans le fond, le Président Sall ne doit pas perdre de vue que ce sont ces mêmes récriminations liées à de supposées discriminations qui ont longtemps alimenté le conflit, même si toutes les populations de la Casamance n’étaient pas concernées.

Il est important en effet que le sentiment affectif, ce lien de l’Etat-nation, ce ‘’commun-vouloir-vivre-ensemble’’ ou cet ‘’affectio societatis’’ comme on le nomme dans le droit des Affaires, soit nourri constamment et entretenu, surtout parce que la paix est fragile.

C’est vrai que le Président de la République ne peut pas à tout moment se déplacer, ne serait-ce que pour des questions d’agenda, mais les populations doivent sentir sa volonté et sa préoccupation constantes à les satisfaire.

Le fait que le Maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, soit de l’opposition et que la tentative de le faire transhumer ait manifestement échoué, ne doit pas constituer un frein pour faire de la région un hub de développement.

Certes, beaucoup d’efforts y ont été faits par les différents présidents du Sénégal, et même les partenaires au développement, mais le sentiment de laissé-pour-compte est le pire ennemi dans des circonstances de paix fragile.

La Casamance en a marre du conflit. C’est manifeste. Mais il est très difficile d’entretenir la paix si les mesures idoines ne sont pas à chaque fois prises pour leur venir en aide. Par exemple, comment comprendre le retard des sapeurs-pompiers, un corps très discipliné, pour éteindre les flammes ?

Pis, pourquoi le déficit d’équipements de ces hommes qui assurent la protection civile dans des conditions très difficiles ?

C’est justement là où on attend l’Etat, dans un partenariat avec les collectivités locales, pour permettre à tous les services comme les Sapeur-pompiers, la Police, la Gendarmerie, les Eaux et Forêts, la Douane, etc. de faire correctement leur travail.

L’équipement de ces services en hommes et matériels est une question vitale de sécurité nationale. Ce qui s’est passé à Ziguinchor va affecter des centaines de familles dans un contexte de fête très budgétivore.

Il est important alors que la Délégation à la solidarité nationale et d’autres structures analogues mettent la main à la poche pour des aides d’urgences à ces sinistrés. Ils en ont vraiment besoin.

Assane Samb
Rewmi.com

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