Posted by on octobre 27, 2020 2:38
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Bienvenue au club des indignés et autres scandalisés ! mais pour combien de temps ?…

Le ‘‘tabou’’, dans la langue wolof, a-t-il jamais existé ? Entendu que la culture wolof est ici réduite à la langue éponyme.

Un souvenir…

J’arrivai à Dakar, pour la première fois, pour y savourer des vacances scolaires bien méritées, quand, soudain, je vis une maman courant après sa fille. « Da may kat sa ndey… Sa thiapa ndey… Sa thioot ndey… », lançait-elle à cette dernière.

Et mon hôte, qui n’était autre que mon grand frère, pour ne rien arranger, de me chuchoter à l’oreille : « Et dire qu’elle est sa mère… » « Quoi ! », m’écriai-je.

C’était en 1976, alors que je me dandinais dans les rues de Fass, en compagnie donc de mon grand frère, insoucieux, et tout innocent, de cette innocence tout au moins que l’on prête non sans raison aux jeunes Séminaristes. Car j’étais un jeune Séminariste.

Depuis, quoique je comprenne relativement bien le wolof, je ne sais guère le parler. C’est que ce qui passe pour un trauma a littéralement foudroyé et reformaté mon cerveau.

Mais ce que je regrette par-dessus tout, c’est que ce trauma ne soit pas contagieux. Car, alors, s’il était contagieux, je me ferais un sacré plaisir de parcourir tout le pays, du sud au nord et de l’est à l’ouest, avec comme objectif, un seul : transmettre mon trauma à tous les Sénégalais, sans modération aucune.

…Puis une certitude, …

Si Moustapha Cissé LÔ avait pensé dans la langue pular, avant de transcrire en wolof tout le bien qu’il pensait de ses amis de l’Alliance pour la République (APR), pour sûr, il n’aurait pas proféré les insanités sorties de sa bouche.

S’y serait-il exercé, aussi, dans la langue diola/baïnounk, ou dans quelque autre langue nationale par nature, voire nationale par destination, tel que le français, qu’il n’y aurait aucunement, mais alors aucunement, trouvé les mots pour le faire.

Car les langues « lourdes », et ces dernières en sont, avec notamment leurs « lourdeurs étymologiques » ; par opposition pour ainsi dire aux langues « légères », le wolof en étant une, « légères » quant à leurs « légèretés commerciales », pour être justement des langues au commerce aisé ; car, donc, les langues « lourdes » recèlent en elles-mêmes des ‘‘tabous’’.

Or, qu’est-ce que c’est qu’un ‘‘tabou’’ ?

Je suggérai, dans un exercice antérieur, le 1er février 2016, ceci : « Quand on ne veut ou ne peut donner sens à quelque chose, on s’abstient naturellement de le nommer. Cela devient alors un tabou que de le nommer, puisqu’on ne veut ou ne peut lui donner sens. Par exemple, le terme « homosexualité » n’a pas d’équivalent en joola-baïnouk chez les Joola-Baïnouk (de Brin), en Casamance, alors que, toujours à titre illustratif, l’expression « prostituée » y a son équivalent, soit « kalandou foukh » (littéralement « pot de nuit »), devenu « éthiaga » à la faveur de la wolofisation rampante de la langue joola-baïnouk.

Un jour viendra peut-être où ce tabou chez les Joola-Baïnouk sera levé. Il s’agira alors, pour cette communauté, de nommer et de donner sens à « l’homosexualité » et, éventuellement, à terme, à « l’union homosexuelle », du reste indûment appelée « mariage homosexuel » et considérée comme tel sous d’autres cieux. » (in ‘‘Non à la non-assistance à personne « homosexuelle » en danger : Regard croisé du Chrétien et du Laïc que je suis’’, cf. : ma page Facebook)

…Une suspicion…

Je suis d’autant plus conforté à l’idée que Moustapha Cissé LÔ avait pensé en wolof, avant de transcrire sa pensée en wolof sous la forme ignominieuse d’insanités, que je suspecte tout autant le journaliste Adama GUEYE, que l’on ne présente plus, chaque fois qu’il est en colère contre ses amis du Pouvoir, de ruminer sa colère en wolof, d’abord, avant de l’actualiser en français, ensuite. Il passe alors pour un homme vulgaire, alors même que tous ceux qui le connaissent bien le dépeignent plutôt comme un « gentleman ».

…Et un soupçon

Au contraire d’un certain Babacar Justin NDIAYE, que l’on ne présente plus, non plus, et que je soupçonne, lorsqu’il mitraille ses cibles, souvent illustres, de penser d’abord en français, sinon en sérère, avant de le faire en wolof, s’il y a lieu. Il s’y exerce alors avec toute l’intelligence, toute la retenue et toute la doigtée que tout le monde lui connaît.

C’est dire que ça n’est pas, en l’occurrence, un problème d’éducation ; ou, à tout le moins, ça n’est pas que cela. Car la bonne dame, « coupable » de mon trauma, n’entreprenait-elle pas d’éduquer sa fille bien-aimée quand elle tentait vainement de lui donner une bonne fessée, accompagnée de « Da may kat sa ndey… Sa thiapa ndey… Sa thioot ndey… » ?

Dakar, le 11 juillet 2020.

Jean-Marie François BIAGUI

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