MACKY-A-VÊLé ses challengers

Posted by on 21/04/2019 7 h 45 min
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Où l’on distingue le potentiel politique de la capacité de nuisance

@senego

Ça n’est pas une découverte, mais une évidence, fût-elle occultée : Macky Sall n’a pas tapé dans la « fourmilière » de manière hasardeuse, ni indistinctement. Bien au contraire, il l’a fait à dessein.

A cet effet, le président candidat à sa propre succession a apprécié à leur juste valeur puis choisi, délibérément, et de manière cavalière, ses challengers pour la prochaine Présidentielle prévue le 24 février 2019.

L’on remarquera, sans faire insulte aux challengers du président sortant, que le critère apparemment dominant retenu en leur faveur, qui se transformera à terme en leur défaveur, n’est rien moins, comme par enchantement, que leur capacité de nuisance, supposée ou réelle.

Sachant que la capacité de nuisance, toute capacité de nuisance, est, par essence et du point de vue de sa finalité, sourde, muette et aveugle. Nécessairement !
C’est que la capacité de nuisance, quand elle est actualisée, nuit indistinctement, dans l’espace et dans le temps.

En l’occurrence, ses effets exogènes affecteraient le pouvoir autant que ses effets endogènes seraient nuisibles au sein même de l’opposition. L’on remarquera, aussi, que les candidats à la Présidentielle recalés disposent, chacun pris isolément, d’un potentiel politique autrement plus important que celui des challengers qualifiés du président sortant ; voire plus important que le potentiel politique cumulé de ces derniers.

Or, c’est une certitude, face au président Macky Sall, quels qu’ils soient, ses challengers ne sont pas interchangeables. De sorte que, dans le contexte d’un 2nd tour du scrutin, le report de voix, si mécanique soit-il, ne peut s’opérer qu’à la mesure et dans la mesure même du potentiel politique du candidat bénéficiaire.

Où l’on (re)découvrira, alors, immanquablement, qu’un Khalifa Sall n’est guère interchangeable avec un Ousmane Sonko, ni un Karim Wade avec un Idrissa Seck, ni un Pierre Goudiaby Atepa avec un Madické Niang, ni un Cheikh Hadjibou Soumaré avec un Cheikh Issa Sall, etc. Et c’est pure folie que de penser le contraire. L’envisager au plan politique, c’est à la fois une bêtise et une faute politique, tout simplement.

Bien joué ! sommes-nous tentés de nous écrier, en bons joueurs, à l’intention de Macky Sall. Qui plus est, c’est bougrement machiavélique de sa part, même si cette pratique dénote, tout à la fois, une injustice certaine, une iniquité certaine et une immoralité certaine doublée notoirement d’un manque d’éthique.

D’ailleurs, Macky Sall est-il jamais doué en matière d’éthique ? Ainsi, donc, le génie politique que l’on prête bien volontiers à Macky Sall a-t-il encore parlé ; et ce, avec une éloquence inégalée.

Mieux, ou pire, c’est selon, Macky Sall ne se contente pas en l’occurrence de déclarer la guerre à ses opposants : il leur fait la guerre. Et il le fait sans arborer la moindre tenue de camouflage. Il va sans dire que Macky Sall livre bataille à l’opposition, précisément parce qu’il a peur de perdre le pouvoir.

En l’espèce, sa peur s’avère stimulante, tandis qu’en face l’opposition apparait plutôt comme littéralement tenaillée par une peur paralysante.

Alors, face à cela, plus que jamais, une alternative s’impose : se résigner, ou bien tout défaire, pour tout refaire.

Dakar, le 16 janvier 2019.Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)