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Naufrage du Joola : 15 ans déjà

Naufrage du Joola : 15 ans déjà

Le 26 septembre 2002, le ferry sénégalais a coulé à environ 40 kilomètres de la côte gambienne. Il s’agit de la catastrophe maritime la plus meurtrière de ces deux derniers siècles.

Officiellement, 1 863 personnes ont péri dans ce naufrage.

Une soixantaine de personnes seulement ont été sauvées des eaux froides de l’Atlantique.

En Casamance, j’avais peur de prendre la route, il y avait souvent des attaques

Jean Diédhiou fait partie de ces rescapés. Il raconte à BBC Afrique le calvaire qu’il a vécu à l’époque.

Le 26 septembre 2002, il était étudiant et avait décidé de prendre le bateau de Ziguinchor, le chef-lieu de la Casamance, pour se rendre à Dakar, la capitale.

C’était son premier voyage en mer.

« En Casamance, j’avais peur de prendre la route, il y avait souvent des attaques », explique-t-il.

Le Joola s'est retourné en moins de 10 minutes.
Le Joola » s’est retourné en moins de 10 minutes.

A 10h du matin, il est monté à bord. Le ferry devait, en principe, atteindre la capitale cinq heures plus tard.

Jean Diédhiou se rappelle : « C’était le dernier bateau que les étudiants pouvaient prendre pour ne pas rater leurs examens d’octobre à Dakar. »

Le bateau était surchargé : il transportait plus de 2 000 personnes, soit plus de trois fois sa capacité.

Le basculement

Le soir du 26 septembre 2002, un orchestre de la Casamance était invité pour organiser un concert dans le restaurant du navire après le dîner.

Beaucoup de gens s’agrippaient aux tables, car elles étaient fixées au sol. Puis, avec le poids, les tables ont cédé.

A 23h, la pluie a poussé les passagers situés sur le pont à descendre dans le restaurant.

« Un moment, on a senti que le bateau a commencé à s’incliner ; les gens ont commencé à crier », se souvient Jean Diédhiou.

Privés d’électricité, les passagers se sont retrouvés dans la pénombre.

« J’ai perdu l’ami avec qui j’étais, je ne l’ai plus revu », raconte l’ancien étudiant. « Beaucoup de gens s’agrippaient aux tables, car elles étaient fixées au sol. Puis, avec le poids, les tables ont cédé. »

Quand le bateau s’est retourné, Jean Diédhiou était cramponné à un poteau.

La lueur des éclairs lui a alors permis d’apercevoir une fenêtre. Il y a grimpé, avant de sauter dans l’eau.

Au large de l’océan

« Le pire, c’était dans l’eau », se rappelle-t-il. « La mer était très chahutée. Les gens criaient à l’aide. »

Les rescapés ont attendu les secours durant toute une nuit.
Les rescapés ont attendu les secours durant toute une nuit.

Jean Diédhiou s’est aidé d’un bidon d’eau pour nager jusqu’à la coque du bateau, sur laquelle il s’est ensuite hissé.

Il y a retrouvé 21 autres naufragés.

« Il faisait froid, le vent soufflait. On est resté en groupe pour avoir un peu de chaleur », décrit-il.

Plus de sept heures après le drame, les rescapés seront récupérés par des piroguiers.

Le Sénégal enverra des secours le soir du 27 septembre 2002.

Les corps retrouvés ont été inhumés au Sénégal et en Gambie.

Archive BBC 2012

 

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