Offre Politique Publique du Parti Social-Fédéraliste (2): du problème sénégalais en Casamance

Posted by on 09/10/2018 13 h 45 min
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Cher(e)s Compatriotes,

Cher(e)s Ami(e)s,

Mesdames, Messieurs,

Arrêtons-nous un peu, nous vous en conjurons.

Faisons le pied de grue devant notre mur-des-lamentations.

Ou bien, si l’on préfère, rasons-le, tout en nous méfiant assez de nous-mêmes, et seulement de nous-mêmes.

Soit ! Mais celui-ci est-il jamais le mur-des-lamentations de tous les Sénégalais ?

Qu’importe ! En serait-il un pour les seuls Casamançais, que, déjà, il porterait bien son nom. Donc, rasons-le. Ou arrêtons-nous un peu et tenons-le, de manière soutenue.

Or, s’arrêter un peu, c’est (entre)voir, c’est penser, c’est méditer. S’arrêter un peu, c’est s’introspecter, c’est réfléchir.

Prêtons-nous, donc, bien volontiers, ou par dépit, à cet exercice ; appréhendons en même temps le « Problème sénégalais en Casamance » sous le seul angle qui sied, soit 360° ; et nous constaterons un fait : le conflit en Casamance est non seulement de basse intensité de nos jours, mais il est inactif à 99%.

Persévérons dans cet exercice, et nous découvrirons, aussi, que ce chiffre de 99% en cache un autre, qui lui est bien équivalent, celui précisément du déficit politique au sein du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) d’une part et, de l’autre, dans l’ensemble du pays par rapport à la « Question nationale » telle qu’elle se pose en termes de conflit armé en Casamance.

Soit -99% d’intensité du conflit en Casamance pour -99% de production politique en relation avec ledit conflit.

Si, pour le MFDC, cela peut être assimilé à un processus tragiquement suicidaire, ayant pour finalité ultime la mort politique, pour l’Etat, cela s’apparente à une incubation de problèmes de tous ordres, qui viendront à terme s’ajouter au problème éminemment politique et institutionnel déjà existant et qui participe justement du « Problème sénégalais en Casamance », dégénéré en un conflit armé, aujourd’hui vieux de plus de 35 ans.

C’est que, dans le contexte sénégalais, au regard notamment de la Constitution, la revendication de l’indépendance de la Casamance est un acte de guerre. Or, la guerre en Casamance dure depuis 1982, tandis qu’une Casamance souveraine ne saurait s’obtenir au bout du canon.

Alors, quelle alternative à l’indépendance de la Casamance, ici et maintenant, ou, à tout le moins, en attendant l’indépendance, fût-elle hypothétique ? Quelle offre politique (alternative), immédiatement applicable en Casamance ?

Hormis la vision éthico-politique que nous incarnons, il est à regretter que le MFDC ne dispose d’aucune offre politique en tant qu’une alternative à l’indépendance de la Casamance.

Prompts à désigner, c’est-à-dire de manière épidermique, les indépendantistes et autres nationalistes ou autonomistes de Catalogne, de Corse ou de Nouvelle-Calédonie, comme des exemples à suivre, les leaders du MFDC en oublient en même temps que, là-bas, ceux-là ne se dérobent aucunement face à leur devoir d’investir le terrain politique, ici et maintenant, en vue de contribuer réellement, ici et maintenant, au développement socio-économique et culturel de leurs terroirs respectifs.

Aussi, est-ce certainement le lieu d’exhorter, encore et toujours, nos frères et sœurs du MFDC à nous écouter, à nous entendre et à nous rejoindre, au plus tôt, dans la vision éthico-politique et le projet de société dont nous sommes porteurs. A moins qu’ils ne décident plutôt de saborder leur mouvement et, ainsi, de le condamner au suicide politique.

C’est également le lieu, assurément, de rappeler que la paix avérée et sincère n’est jamais qu’un moyen de continuer la guerre autrement, c’est-à-dire sans les armes ni la violence.

Ainsi, donc, le déficit politique est-il une réalité chronique, presque consubstantielle au MFDC. Mais il l’est aussi pour l’Etat, toutes choses égales par ailleurs.

Qui plus est, une ode à la paix, fût-elle entonnée par le président de la République, puis reprise en chœur par tous les Sénégalais, ne saurait être la paix ; pas même une déclinaison d’une « politique casamançaise du Sénégal », qui de toute façon n’existe point.

Or, c’est bien là le problème majeur du Gouvernement en Casamance. Et la nature ayant horreur du vide, il faut compter avec la mafia, qui va suppléer avec une efficacité redoutablement dangereuse à l’Etat défaillant en Casamance.

D’ores-et-déjà, l’immobilier et la forêt sont sous le contrôle de la mafia en Casamance. Les activités sociales et culturelles, et bientôt politiques, le sont aussi. Seule exception, du moins jusqu’à nouvel ordre : le MFDC en tant qu’entité y échappe, probablement, et paradoxalement, du fait de son organisation parcellaire, en fait de sa désorganisation.

Comment, d’ailleurs, la mafia peut-elle ne pas prospérer en Casamance, si l’on sait que les mesures urgentes et exceptionnelles prises par le président Macky Sall, pour y relancer les activités socioéconomiques, sont pour l’essentiel non-appliquées ou inopérantes à ce jour ? Pis, des entreprises du secteur touristique ont été tout bonnement contraintes de mettre la clé sous le paillasson, précisément parce que le Fisc leur réclame indûment des taxes ; des taxes indues, exactement depuis la Loi N° 2015-13 du 03 juillet 2015 portant statut fiscal spécial des entreprises touristiques installées dans le pôle touristique de la Casamance.

Il faut donc une sacrée dose, d’abord de volonté politique, et ensuite de courage politique, pour venir à bout des activités mafieuses en Casamance et, plus globalement, pour régler définitivement le « Problème sénégalais en Casamance ».

Dans cette perspective – et notamment dans la perspective de la prochaine Présidentielle prévue le 24 février 2019 – nous nous proposons de lancer l’Offre Politique Publique ci-après, intitulée :

‘‘La Commune et bientôt la Région sont gouvernables…Pas la Nation

Notre vision d’une République des hommes (hommes et femmes) accomplis’’

à suivre….