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Offre politique publique du PS-F (5 et fin): Vision éthico-politique

Offre politique publique du PS-F (5 et fin): Vision éthico-politique

3. Mais notre vision éthico-politique n’est pas que fédéraliste…

-Notre vision éthico-politique est aussi sociale. Comment dès lors ne pas concevoir une République du Sénégal qui garantisse un ‘‘revenu minimum universel’’(RMU), une ‘‘couverture santé universelle’’(CSU), qui assure notamment la gratuité des frais relatifs au suivi des grossesses et aux accouchements, et un ‘‘habitat décent’’ pour tous ses Citoyens ? C’est en tout cas une gageure qu’il faille se donner les moyens, mais alors tous les moyens de relever.

-Notre vision éthico-politique est aussi socio-économique. Pas seulement économique, mais socio-économique. Et elle est sous-tendue par un postulat : La pleine-activité étant un élément essentiel pour le développement, au lieu de déterminer la main-d’œuvre (en terme de quantité) en fonction du capital disponible, il faut au contraire œuvrer de manière à rendre disponible le capital nécessaire à l’activité de l’ensemble de la main-d’œuvre existante.

L’objectif, ici, est d’appréhender les besoins essentiels de nos populations pour ce qu’ils sont : soit une priorité de notre politique économique générale.

Aussi, pourrions-nous préférer à la politique économique fondée sur le modèle du PNB (industrialiser à tout prix, urbaniser, maintenir un taux élevé de croissance), une politique socio-économique basée sur une volonté réelle de satisfaire réellement les besoins essentiels de nos populations et qui contraste d’avec la première, tant dans le concept que dans les faits.

Plus qu’une incongruité économique, à notre sens, c’est une erreur politique que de miser par tous les moyens sur la croissance au motif que ses effets embraseront mécaniquement l’ensemble des populations : les inégalités sociales, qui sont autant de handicaps économiques pour le Sénégal d’aujourd’hui, sont là pour nous convaincre de l’utilité sinon de la nécessité de privilégier, en l’occurrence, la stratégie visant à financer les activités ayant pour objet ou finalité la satisfaction des besoins essentiels des populations. En tant que telle, cette stratégie apparaît comme indispensable pour une réelle répartition ou distribution de la croissance et du progrès et, par conséquent, comme propice à l’émergence d’un modèle moins porteur de tensions politiques et sociales.

-Notre vision éthico-politique est aussi culturelle. En effet, si nous concevons que les diversités culturelles sont le fondement même de l’identité sénégalaise, nous devons convenir de la nécessité pour cette dernière d’être expressive, mais guère muette ; dynamique, et non statique.

Bref, à notre volonté résolue de restaurer et de promouvoir les langues éminemment nationales de notre pays, il faut également ajouter et favoriser notamment :

– l’expression et la création artistiques ;

– la création ou la promotion d’associations ou organisations culturelles, dont les coûts de fonctionnement doivent être substantiellement soutenus par l’Etat ;

– la création ou le développement d’industries culturelles (les industries du cinéma et de la musique, etc…), ainsi que leur compétitivité chez nous autant que sur les marchés internationaux.

-Notre vision éthico-politique est aussi écologique. Un environnement de qualité doit être perçu comme un droit élémentaire mais non moins fondamental, qu’une ‘‘charte nationale de l’environnement’’, inscrite dans la Constitution, aura pour objectif de préserver et de promouvoir. Toute personne physique ou morale doit être tenue responsable vis-à-vis de l’environnement et, pour cela, passible de poursuites judiciaires chaque fois qu’elle viendrait à enfreindre l’une ou l’autre des dispositions prévues dans une loi ou dans la charte nationale de l’environnement.

Ainsi, un tribunal de l’environnement créé à cet effet pourrait être saisi ou se saisir de toutes infractions aux normes ou aux règles prévues dans les textes en vigueur.

Aussi, l’Etat ou les Régions doivent-ils se doter, en binôme (avec) ou dans le cadre du « service national universel », d’une brigade de l’environnement et de l’assainissement (BEA) chargée principalement :

– de prévenir toute agression contre l’environnement ;

– de procéder à l’information et à l’éducation des populations par rapport au bien-fondé du principe de la protection de l’environnement tant à l’échelle nationale que sur le plan international ;

– du reboisement et de la reforestation de nos forêts.

– de la police de l’assainissement.

  • 4. Le cas particulier de la Casamance
futuracombiz

La République s’honorerait, à la faveur de plus de 35 ans de conflit armé et meurtrier en Casamance,

à écouter le MFDC et à entendre le cri du cœur des Casamançais

Il est évident que notre vision d’un Sénégal UN et PLURIEL ainsi que notre projet de société se veulent aussi, en même temps, une réponse à la « Question nationale », si douloureusement ravivée par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC).

Cependant, à défaut d’un consensus quant à la nécessaire réhabilitation du Sénégal dans et avec ses Régions naturelles, qui plus est autonomes, juridiquement (constitutionnellement), techniquement et financièrement, une ‘‘Option B’’ applicable à la seule Région naturelle de la Casamance, notamment pour juguler à tout jamais les velléités indépendantistes qui y ont cours depuis 1982, pourrait être envisagée.

A cet effet, une telle option consisterait dans l’érection de la Casamance en tant que « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » au sein de l’Etat unitaire décentralisé sénégalais.

La « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » comprendrait les institutions suivantes :

  • Le Conseil exécutif de la Casamance, qui exercerait les fonctions exécutives. A ce titre, il serait un organe exécutif régional chargé de l’administration des affaires de la « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » ;
  • L’Assemblée de la Casamance, organe délibérant. Elle serait dotée de compétences très élargies, en tous les cas plus élargies que celles des assemblées régionales de droit commun, axées notamment sur le développement économique, social et culturel et sur la protection de l’environnement ;
  • Le Conseil économique, social, culturel et environnemental de la Casamance (CESCEC), organe consultatif.

Les compétences de la « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » seraient au moins les suivantes :

  • Développement socio-économique
  • Fiscalité
  • Energie et hydraulique
  • Environnement et gestion de la forêt
  • Habitat
  • Education et formation
  • Santé
  • Culture et patrimoine
  • Transports, routes et voies ferrées
  • Agriculture et élevage
  • Pêche
  • Tourisme
  • Artisanat
  • Sport et jeunesse

Pour la mise en œuvre de sa politique, la « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » disposerait, au moins, des établissements publics suivants :

  • Agence de développement socio-économique de la Casamance (ADSEC)
  • Agence des transports de la Casamance (ATraC)
  • Agence du tourisme de la Casamance (AToC)
  • Agence de la pêche et de l’aquaculture de la Casamance (APAC)
  • Agence de l’agriculture et de l’élevage de la Casamance (AAEC)
  • Coopérative de fruits et légumes de la Casamance (CFLC)
  • Agence de l’énergie et de l’hydraulique de la Casamance (AEHC)
  • Office de la fonction publique territoriale de la Casamance (OFPTC)
  • Office de l’éducation et de la formation de la Casamance (OEFC)
  • Office de la culture de la Casamance (OCC)
  • Office de la santé de la Casamance (OSC)
  • Office du label ‘‘Casamance’’ et des industries de transformation de la Casamance (OLCITC)
  • Office de l’environnement de la Casamance (OEC)
  • Brigade de l’environnement et de l’assainissement de la Casamance (BEAC)
  • Banque régionale de l’investissement de la Casamance (BRIC)
  • Et tous autres établissements publics que la « Collectivité territoriale de la Casamance à statut particulier » jugerait nécessaires pour le développement de la Casamance et le bien-être des populations casamançaises.

Conclusion

Notre présente Offre Politique Publique n’est pas une profession de foi.

Nous n’exprimons pas, ici, une croyance.

Ici, bien au contraire, nous ne faisons que concevoir, à hauteur de la réalité consubstantielle au Sénégal, un projet de société pour notre pays, bien adossé à notre vision éthico-politique, en vue du plus grand bonheur matériel et existentiel possible, pour le plus grand nombre possible de nos concitoyens. Mais nous le concevons avec générosité et désintéressement.

Aussi, avons-nous préconisé, il faut changer les esprits et les institutions.

Notre assertion est d’autant plus pertinente qu’il n’y a plus aucun Français pour revendiquer ou encourager le jacobinisme (ultra)centralisateur dans la gouvernance de la France. Aucun esprit-debout en France ne saurait en effet s’y résoudre, si l’on sait que tous les clignotants socio-économiques en France attestent de la nécessité d’une France encore et toujours plus décentralisée, en vue d’un développement plus harmonieux et plus équilibré du pays.

Tout le contraire, hélas, de ce qui prévaut aujourd’hui encore en Afrique francophone, notamment au Sénégal, où des Africains bon-teint sont, en matière de jacobinisme (ultra)centralisateur, plus Français que les Français.

Voilà pourquoi il est impérieux de changer, ici et maintenant, les esprits de celles et ceux qui animeront demain les institutions au Sénégal ; entendu que celles-ci, en tant que telles, doivent faire l’objet d’une profonde réforme et d’une profonde refonte, ici et maintenant, dans le cadre d’une République nouvelle et d’un Etat nouveau.

Dakar, le 9 septembre 2018.

Le Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)
Jean-Marie François BIAGUI

* La victoire au soir du 1er tour de la Présidentielle.
(1) Extrait de l’épilogue de l’Idée générale de la révolution de Pierre-Joseph Proudhon.
(2) Inspirés par Robert Misrahi, ‘‘Le grand Désir. Eléments pour une éthique et une politique de l’accomplissement, Ed. LE BORD DE L’EAU 2016’’. En effet, la pensée du philosophe nous inspire beaucoup et constitue une forte empreinte dans notre vision éthico-politique.

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