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Paix en Casamance : Les députés pour des relations de bon voisinage avec les pays limitrophes

Paix en Casamance : Les députés pour des relations de bon voisinage avec les pays limitrophes

Les députés de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale ont encouragé, avant hier, à Ziguinchor, lors d’un atelier de partage, les relations de bon voisinage avec les pays limitrophes du Sénégal.

La réunion s’est déroulée en présence des représentants de la société civile, du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance, du collectif des cadres casamançais, du Groupe de contact du Mfdc, du mouvement irrédentiste, des imams ratib de Ziguinchor et de Bignona, de l’évêque Mgr Paul Abel Mamba Diatta et du roi d’Oussouye. Il y avait également les mandataires des maires des communes situées aux frontières entre la Gambie et la Guinée-Bissau, notamment Djibi Dione, Boutoupa-Camaracounda, Santhiaba-Manjacque, ainsi que les édiles d’Adéane et de Nyassia, les autorités administratives et militaires, la coordinatrice de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance, et les députés membres de la Commission des Lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains de l’assemblée nationale.

Selon le colonel Khar Diouf, commandant de la zone militaire N°5, la dynamique sécuritaire est à l’accalmie. Mais, il a averti que cette situation peut être remise en cause « du fait de la capacité de réactivité de l’ennemi ». Il a demandé l’amélioration et le renforcement du matériel de l’armée, le désenclavement des villages par la réhabilitation et la construction des routes, l’amélioration de la couverture téléphonique et l’augmentation de la surveillance d’actions illicites telles que le trafic de bois, d’armes légères, etc.

D’autres problèmes ont été évoqués durant la réunion comme la pollution de nombreuses zones de culture par des mines, l’insuffisance des moyens de surveillance et la porosité des frontières, la faiblesse de la coopération interétatique, la vulnérabilité socioéconomique des populations. Sans oublier les risques permanents et la récurrence des attaques à main armée, ainsi que la pose de mines anti char pour tenter de faire sauter des ponts. Comme une bande armée avait tenté de le faire à Niambalang (Oussouye).

L’atelier n’a pas occulté le harcèlement dont les militaires et les villageois font l’objet, de la part de bandes armées. Par ailleurs, on a déploré la prolifération de réseaux, qui développent la culture de chanvre indien, le vol de bétail, le trafic illicite de bois, l’exploitation anarchique des forêts de la Casamance dans certaines zones frontalières de la région de Ziguinchor. D’où, cet appel aux populations et autorités de promouvoir des relations de bon voisinage avec les pays limitrophes pour inverser les tendances. En outre, les populations ont été appelées à un éveil de conscience pour prendre en charge un certain nombre de menaces frontalières, telles que la fragilité et la vulnérabilité sécuritaire de la région de Ziguinchor à la drogue et au terrorisme. Mais, dit-on, cela ne peut être durable que s’il y a des négociations sincères entre l’Etat et le Mfdc pour le retour d’une paix définitive en Casamance. De plus, la reprise du déminage humanitaire a été réclamée, de même que la sécurité alimentaire des villageois, la réalisation d’infrastructures routières et scolaires, de structures sociaux de base, l’électrification et l’adduction d’eau dans les zones dépourvues.

Source – LeSoleil – 7 juillet 2018
Moussa SADIO

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