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Parrainage en Casamance: Le retour des listes du soupçon…indépendantiste?

Parrainage en Casamance: Le retour des listes du soupçon…indépendantiste?

Dans son « playdoyer contre l’autochtonie », Mademba n’est pas un natif du terroir. Et alors? (Diasporas Noires, 2016), Jean Marie François Biagui revient sur un événement des législatives de 2007 dont il a été un témoin auriculaire. Il parle ainsi,,

d’une polémique opposant en Casamance deux candidats à la députation[…] qui portait sur la casamancité, réelle ou supposée, de l’un des deux prétendants au Parlement. La gavité – la cruauté même! – des arguments avancés de part et d’autre, notamment pour témoigner de qui de ces deux candidats serait le plus casamançais, était à son paroxysme […].

Cf. Mademba n’est pas un natif du terroir. Et alors? (p.22)

Certes l’auteur en parle mais c’est surtout pour dénoncer un autre souci, celui d’avoir contribué à la propagande du concept de Casamancité, à la « définition si incomplète ».

A la lecture de cet exemple dont nous ne remettons pas en cause le caractère indigne, on ne peut alors que souligner l’autre face hideuse de la politique au Sénégal dans son rapport au sud et qui consiste surtout à traiter certains Casamançais de rebelles.

Alors…
La question est de savoir si comme dans le contexte expérimenté que relève Mademba n’est pas un natif du terroir. Et alors? , revenir sur la posture inverse et se dire si l’on peut être digne de se revendiquer Casamançais ou prétendre aimer la Casamance quand on se permet d’adopter une propagande de dénonciation dictée par des motifs vils et méprisables?

Ce questionnement supplémentaire qu’offre la réflexion sur l’autochtonie et ses dérives est plus que d’actualité en ces temps de parrainage.

L’exemple que nous voulons citer est celui relatif à l’information selon laquelle, le Ministère de l’intérieur aurait envoyé la Section de recherches de la gendarmerie chez la mère du leader de PASTEF pour récupérer des fiches de parrainage [Point de Presse dudit parti du 18.09.18].

Information que dément par ailleurs le ministre de l’Intérieur.
Quant à l’événement en question, accordons le bénéfice du doute aux hommes en tenue comme aussi bien au parti de Sonko. Nous sommes bel et bien dans un contexte où tout cela est possible en exploitant la situation en Casamance.

Or, voilà des jours durant, les Sénégalais en général et les Casamançais en particulier ont l’impression – et ce depuis que le candidat Sonko a osé  critiquer le Président Macky Sall sur sa gestion des différentes catastrophes qui ont eu lieu en Casamance – , que le régime en place ne cesse de le lier à tous les maux imaginables qui constitueraient une menace sécuritaire pour le Sénégal.

Et d’aucuns dans la mouvance présidentielle n’hésitèrent pas à franchir le pas en allant jusqu’à accuser le leader du PASTEF d’être proche des indépendantistes Casamançais.
C’est là exactement où le bât blesse !

Car, Sonko n’est pas le premier candidat à la présidentielle au Sénégal qu’on accuse d’être sympathisant de la rébellion.
Et ceux qui accusent les dits candidats qui ont des origines sudistes d’être des indépendantistes, laissent penser que leurs soupçons portent sur leurs partisans considérés eux aussi de rebelles.

Conséquemment, il y a lieu de penser que quelques esprits bien malins entreverraient déjà la possibilité de scruter les listes des parrains du PASTEF, voire de l’opposition en Casamance dans la seule perspective d’y déceler les preuves d’un parrainage rebelle.

L’histoire donc se répète, quand on sait que pendant longtemps on a chassé les rebelles sur la base de listes des associations villageoises ou tout autre regroupement de casamançais que l’on soupçonnait de parrainer la rébellion.

Ces listes se sont faites moins voir, elles sont devenues plus discrètes au point qu’on ne peut que les imaginer derrières les différents check-points des forces armées en Casamance où l’on descend les voyageurs pour vérifier leurs identités à la recherche toujours du rebelle.

Voilà pourquoi, la mauvaise actualité autour du PASTEF sur le processus du parrainage en Casamance risque nous semble-t-il, de transformer le sud du pays en terrain de lutte sans merci entre SEM Macky Sall  et le candidat Ousmane Sonko. Tous les sudistes commencent déjà à parler sans le recul nécessaire d’Ousmane Sonko…

Et nul ne sait s’il faut s’en réjouir ou pas…
Ce qui est certain, c’est que le régime par certains agissements risque de jeter la Casamance toute entière dans les listes de parrainage de Sonko. Parce qu’en cherchant à lui faire peur, il entretient le sentiment de défiance historique envers une certaine injustice politique que les populations casamançaises ne cessent de dénoncer.

A bon entendeur salut….

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