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Peacebuilding: Akandijack Bassène accusé de « délit de non-appartenance à un camp »

Peacebuilding: Akandijack Bassène accusé de « délit de non-appartenance à un camp »

Après l’interpellation du journaliste René Capain Bassène, voici que le sieur Pape Chérif Bertrand Akandijack  Bassène, est le sujet de folles rumeurs à Ziguinchor. Pour vous rassurez, il va très bien et est libre de tous ses mouvements…

Il serait en sursis, son crime, ne serait pas celui de « délit de parenté » – et pourquoi pas, lui et René Capain Bassène étant des cousins du côté maternel -; mais plutôt en réalité il se supposerait qu’il serait fautif de « non-appartenance à un camp » parmi les acteurs du conflit.

Vain soupçon…
Le Dr. Pape cHb Akandijack Bassène a bel et bien un camp, c’est celui des populations casamançaises qui souffrent toujours de cette situation de « Ni PAIX NI GUERRE ». Il a grandi dans le conflit, comme bien d’autres jeunes personnes dans les années 1980 qui ont préféré aujourd’hui vivre dans l’anonymat de leur passé.

Ne demandez pas cela à Akandijack Bassène, lui qui avait pourtant toutes les raisons de porter une tenue militaire à un moment de sa vie où, se pavaner avec une arme à feu pour défendre une cause, soit-elle nationaliste ou séparatiste, était une telle tentation.

Lui comme René C. Bassène qui ont le même âge, ont vécu la dure condition d’être dans le conflit, ils ont souffert du silence coupable de la majorité des élites, ont expérimenté ce sentiment que les populations casamançaises ont été abandonnées à un moment donné de l’histoire de la région.

Ils ont aussi vu que, dans cette phase de leur adolescence guerrière des hommes, comme feu Marcel Bassène menait un autre combat, celui-là destiné à tout universitaire qui avait une pleine conscience de sa responsabilité sociale.

Le Professeur Marcel Bassène, n’a jamais abandonné les populations casamançaises. Il a mené un combat qu’il ne pouvait gagner lui tout seul certes, mais il a au moins tracé la Grande Voie Pacifique pour les jeunesses du Bandial, du Nyassia, de Ziguinchor, de la Casamance… Le Sénégal de demain finalement !

« Du Bandial natal à l’école secondaire à Ziguinchor, aux études supérieures en France, au retour au pays natal pour entrer en politique comme on entre dans les ordres jusqu’à l’université où l’enseignement est le sacerdoce dans la transmission de la connaissance, et enfin jusque dans la sombre forêt casamançaise et bissau-guinéenne pour ramener les frères ‘rebelles’ à la raison et au bercail…, quel chemin extraordinaire, rempli d’embûches mais aussi de joies éphémères ! » Mansour Kama, 22 Aout 2007 (Hommages à Marcel Bassène

Si aujourd’hui, on peut retrouver en Casamance des intellectuels engagés pour la paix, c’est aussi quelque part grâce à Marcel Bassène. Et ce qu’il a laissé comme héritage à des gens comme René Capain Bassène ou Pape Chérif Bertrand Bassène Akandijack ou d’autres, qu’on chercherait à museler, c’est la référentialité qu’il allait être pour leur génération: UN COMBATTANT DE LA PAIX.

Faut-il rappeler ici, que le Professeur Marcel Bassène était un homme politique d’un parti de l’opposition, le PDS. Et c’est parce qu’il a assumé son rôle d’intellectuel authentique en construisant un discours humainement positif par rapport à ce qui se passait en Casamance dans les années 1980 – 1990, que le Président Abdou Diouf avait décidé d’en faire ce combattant de la paix. Il agissait local, c’est-à-dire en Casamançais. Mais il construisait notre modèle de Nation, c’est-à-dire en Sénégalais.

En outre, ce que le Professeur Marcel Bassène a insufflé dans la gestion du conflit en Casamance, c’est sa démocratisation. C’est-à-dire, permettre préalablement à une certaine catégorie de Sénégalais quelles que soient leurs idéologies de pouvoir parler de la situation en Casamance. Lui il était du PDS dans la gestion d’une crise sous un régime PS, il n’y avait pas plus démocratique comme approche!

Mais surtout aussi, en parlant de catégorie, il avait voulu que la question casamançaise soit une affaires d’hommes et de femmes rompus à l’exercice conceptuel et rationnel pour ne pas dire les universitaires et apparentés. Cette classe de camarades dans notre Etat, capable de produire et de transmettre des connaissances relatives aux problématiques que fait face notre République héritée des décombres de la colonisation (pour reprendre Senghor).

Qui contesterait donc l’apport énorme que le Professeur Marcel Bassène apporta dans le processus de paix en Casamance. Son approche fut combattue, ce fut la victoire du politique sur l’intellectuel, mais pour autant, il avait sécrété une parole de paix qui fait de nous ses disciples…

Le Dr. Pape Chérif Bertrand Akandijack Bassène, a toujours parlé de paix avec son Professeur et aîné, feu Marcel Bassène. La démocratisation du conflit casamançais, c’est son combat tel qu’il l’entend à travers le blog casavance.net qui est un réel témoignage envers le Professeur Bassène….

« Oui Marcel, me tournant vers toi, je puis te dire que nous sommes fiers de ce que tu as fait et des sillons que tu as tracés. Mais je te connais bien, je te vois me dire : toi le Sérère, tu sais bien que l’œuvre n’est pas achevée et qu’il faut continuer« . Mansour Kama, 22 Aout 2007 (Hommages à Marcel Bassène)

 

Nous vous invitons à lire un extrait d’une de ses lettres qui lui valent d’être fiché aujourd’hui par les Ayatollahs de la pensée… (la suite ici)

Telles sont les sources de conflictualités qui intéressent l’armée de la parole afin de taire le bruit des armes à feu en Casamance. M. l’Ambassadeur de France au Sénégal / S.E.M. Christophe Bigot, est certainement un de ses meilleurs alliés sur le terrain, raison pour laquelle cette lettre (ouverte) lui a été précédemment envoyée, le 28 Mai 2017.

Lettre (ouverte) à SEM Christophe Bigot, Ambassadeur de France au Sénégal

Monsieur l’Ambassadeur,

Pendant un temps long pour tout amoureux de la Casamance, un interdit rouge des chancelleries désolait notre chère région, et dans l’appréhension du sort qui menaçait ce Territoire au potentiel économique énorme, votre cœur en toute amitié s’en est ému. Nous vous en sommes gré.

Prenant votre responsabilité, confiant en la grandeur de vues des différents protagonistes, Etat du Sénégal et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), instruit par les rapports de protection que la France a toujours voulu historiquement accorder à la Casamance et grâce à la force humaniste qui caractérise votre Nation; vous n’avez pas hésité à mettre fin à cette situation qui condamnait les populations casamançaises.

Conscient de tout cela, nous nous autorisons avec votre permission, Monsieur l’Ambassadeur, d’attirer votre attention sur l’arrivée d’investisseurs dans le secteur de la transformation des produits halieutiques en Casamance. Plusieurs de ces industries déjà installées sur la côte sénégambienne sont accusées par les riverains de polluer l’atmosphère. Situation qui s’apparente aux yeux des citoyens aux logiques criminelles.

C’est la raison pour laquelle, nous vous demandons d’intercéder auprès de l’Etat du Sénégal, afin qu’il exige aux industries qui veulent s’établir en Casamance des règles strictes en termes de protection de l’environnement.

Excellence, nous n’ignorons pas que la diplomatie a ses règles. Cela étant dit, nous ne croyons pas que cela aille à l’encontre des lois de protection de notre environnement.

En outre, les Casamançais ont déjà vu à travers vos actions, l’exemple d’une France protectrice par votre ferme engagement à nous aider à lutter contre la déforestation, ainsi que votre combat pour la relance du tourisme Casamançais. Il serait dommageable qu’une usine comme celle actuellement en construction au cœur du village d’écotourisme d’Abéné, vienne à souiller la « Smiling Coast » (côte souriante), la transformant petit à petit en «  Smelling Coast » (côte puante).

Excellence nous connaissons l’affligeante faiblesse des moyens de nos élus locaux après la constitutionnalisation de la décentralisation.

Nous disons cela, et nous aurions pu vous parler également de la « casamançaise », cette usine d’eau à Capo Rosso, qui contribue a la salinisation des sols et pille les ressources en eau des riverains sans offrir des perspectives pour le long terme ; de la déchetterie et du déversement des boues de fosses septiques de manière sauvage à Brin, dans la commune d’Enampore « obligée » qu’elle est d’empoisonner sa nappe phréatique en « absorbant » les matières organiques de la ville de Ziguinchor.

Ainsi, Monsieur l’Ambassadeur, de Kafountine à Cabrousse, nos Maires au nom d’une politique de décentralisation qui leur demande de trouver les moyens d’exister, cèdent à des solutions séductrices sans en mesurer les conséquences.

Nous voulons réellement protéger la nature et le développement de ce Territoire. Il serait préjudiciable que la pollution l’afflige un autre destin, à cette Casamance que nous aimons tant.

Voilà pourquoi nous croyons pouvoir compter sur votre intervention, parce que nous vous savons prévoyant, que vos différents voyages en Casamance vous ont permis d’entrevoir le sort fatal que cette situation réserve aux Casamançais.

Daignez agréer, Son Excellence, Monsieur Christophe BIGOT, les témoignages de notre profond respect.

Un humble serviteur du Territoire de la Casamance

Dr Pape chérif Bertrand Bassène, Akandijack

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