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Pourquoi Robert Sagna a-t-il tenu à répondre à une question qui ne lui a pas été posée et qui ne saurait de toute façon se poser ?

Pourquoi Robert Sagna a-t-il tenu à répondre à une question qui ne lui a pas été posée et qui ne saurait de toute façon se poser ?

La Casamance a l’institut de recherche qu’elle peut, ou qu’elle mérite : le GRPC, pour « Groupe de recherche pour la paix en Casamance », dirigé par Robert Sagna.

Sa dernière prouesse en date, sinon sa trouvaille ultime, se veut triviale et sulfureuse, tout à la fois. « La Casamance n’est pas une propriété exclusive des Ajamaat », fulmine-t-il contre les Joola et notamment le MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance), dont il dit avoir visité jadis son maquis. Il dut en être reparti, selon les propos mêmes du patron du GRPC, avec le regret de n’y avoir trouvé que des Ajamaat.

Déjà, en 1982, quand éclata la Rébellion en Casamance, d’aucuns ont cru devoir y voir une volonté, pour les seuls Joola, d’instituer en Casamance une « République joola ». Ainsi, avec tact, l’on a trompé le président Abdou Diouf avec ce mensonge d’Etat, puis, à dessein, l’on convainquit le chef de l’Etat de tuer dans l’œuf, par tous les moyens à sa disposition, cette prétendue « République joola » en gestation. On frisa alors un génocide joola en Casamance, sans sourciller.

Aussi, dans leur combat éminemment politique mais guère violent, les historiens et autres théoriciens ou idéologues de la « Cause indépendantiste » de la Casamance ont-ils beau reconstituer la Casamance – la Casamance Historique ! – dans ses frontières historiques, qui s’étend depuis l’Atlantique à l’ouest jusqu’à la Falémé à l’extrême-est, et du sud (au-delà de la frontière avec la Guinée-Bissau d’une part et la Guinée d’autre part) au nord de la Gambie (au-delà de la frontière de cette dernière avec le reste du Sénégal), amalgamant ainsi, indistinctement, des Socio-Cultures aussi diverses et riches que le Cosmopolitisme casamançais eut jamais le génie de transformer sous la forme d’un peuple, le Peuple casamançais ; ceux-là, donc, ont beau reconstituer cette Casamance-là, il se trouva tout de même des hommes-liges du chef de l’Etat pour, à dessein, induire celui-ci à ce que nous appelons depuis ‘‘l’erreur historique du président Abou Diouf’’. La guerre en Casamance vit alors le jour, et elle dure depuis plus de 35 ans.

Parmi ces hommes-liges du président Abdou Diouf, il y avait un certain Robert Sagna, membre éminent des Gouvernements Senghor puis Diouf pendant 22 ans, sans discontinuer.

Nous osons espérer que, depuis sa retraite parisienne, à la faveur notamment de ses souvenirs volages, le président Abdou Diouf a fini de se souvenir, avec regret voire amertume, de cette page noire de sa gouvernance.

Or, plus de 35 ans après, Robert Sagna remet ça. Pourquoi ?

Tout le monde le sait, Robert Sagna était un habitué du maquis casamançais. Il était comme chez lui au maquis, tel un poisson dans l’eau. Mieux, il y était davantage toléré que les leaders du MFDC, toutes factions confondues. Puis survint ‘‘L’automne de la rupture’’. C’était en octobre 2014. Depuis cette date, en effet, Robert Sagna est interdit d’accès au maquis.

« Ce qui me gêne, ça n’est pas que tu m’aies menti, c’est que désormais je ne pourrai plus te croire. » (Nietzsche)

Qu’il s’agisse de César Atoute Badiate ou de Ibrahima Compass Diatta, de Paul Aloukassin ou de Salif Sadio, ou encore de tous les autres chefs de guerre du MFDC, tous voient désormais Robert Sagna comme un ennemi, qui le leur rend plutôt bien de nos jours.

On peut certainement se rappeler que Salif Sadio, dont le patronyme renseigne davantage sur son origine balante que joola, vouait une révérence inégalée à Robert Sagna. A telle enseigne qu’il daigna (volontairement ?) laisser à penser que le Sénégal devait à celui-ci, presque exclusivement, la libération en 2012 des militaires que sa faction avait pris en otage.

Alors, nous interrogions-nous, pourquoi Robert Sagna remet ça aujourd’hui ? Eh bien, la réponse quintessentielle se trouve dans l’une de nos toutes dernières publications, intitulée ‘‘Avis de décès : le mensonge est mort en Casamance’’, aux éditions diasporas-noires.com.

Ceux qui le désirent pourront en effet y trouver une esquisse d’explication de ce pour quoi, au paroxysme de leur antagonisme, Robert Sagna fut le seul à même de tenir de la main droite l’abbé Augustin Diamacoune Senghor (secrétaire général puis président du MFDC) et de la gauche Sidy Badji (père-fondateur du maquis casamançais). Ils y découvriront aussi, certainement, pourquoi un certain Jean-Marie François Biagui a dû passer, tout au long de son mandat, pour un secrétaire général du MFDC d’abord incompris, puis condamné à mort par le maquis, celui-là même dont il était censé être le chef politique.

Dakar, le 17 juillet 2018.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)

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