Prenez l’absence du fils pour de la traîtrise, poussez-le au suicide ! C’est tout comme.

Posted by on 27/03/2019 10 h 45 min
Tags:
Categories: Débats

Non ! le soldat Karim Wade n’a pas déserté

Je me souviens d’un stratagème noir, élaboré comme tel de manière lugubre, et à seule fin lugubre, puis déroulé habilement par les ennemis-intimes de l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor.

Il me souvient en effet que, jadis, pour en finir avec le secrétaire général du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), de manière réitérative, l’on a titillé sa fierté et son orgueil, en l’accusant d’être un chef de guerre ayant fui le front et déserté le maquis.

On l’assurait notamment que, s’il voulait être respecté de ses maquisards, il valait mieux pour lui qu’il fût un maquisard parmi eux.

Ces attaques en règle finirent par avoir raison de la raison propre du patron du MFDC. Et à peine était-il arrivé dans le maquis, qu’un obus projeté depuis une position de l’armée, l’ayant fort heureusement manqué de peu, le ramena sans ménagement aucun à la raison ; comme pour lui signifier, ou lui rappeler, sans ménagement donc, que, dans la vie, nul ne saurait être de tous les combats, sous aucun prétexte.

Non ! il n’est donné à personne, mais alors à personne, d’être de tous les combats de la vie.

Sous ce rapport, le combat politique que mène de nos jours le président Abdoulaye Wade, pour autant qu’il soit son dernier combat politique, et peu importe s’il est un jeune-homme de près de 100 ans, est le sien propre ; et il le mène, ce combat politique, pour tous les Sénégalais, son fils Karim Wade bien compris. Donc, pas seulement pour son fils.

N’avions-nous pas dénié au président Abdoulaye Wade, à bon droit, en son temps, le droit d’instituer quelque forme que ce fût de dévolution monarchique du pouvoir ? Alors, pourquoi voudrait-on aujourd’hui cautionner l’élimination du processus de dévolution démocratique du pouvoir, qui plus est par l’arbitraire, de candidats comme, entre autres, Khalifa Sall et Karim Wade ?

Il me souvient, aussi, que Karim Wade était hors du pays, quand Macky Sall a cru devoir lancer la machine judiciaire à ses trousses.Naturellement, Karim Wade pouvait rester là-bas, bien planqué, en France, ou au Qatar, ou dans un autre pays.

Bien au contraire, piqué au vif dans sa fierté et son orgueil d’homme, il préféra plutôt rentrer au pays, singulièrement pour faire face à la justice de son pays, en dépit de tout ce qu’on lui promettait déjà, unanimement, en particulier son arrestation à son arrivée à Dakar, puis son embastillement à Rebeuss.

Bien sûr, en rentrant de son plein gré au Sénégal pour faire face à la justice de son pays, Karim Wade avait pu être guidé par une voix intérieure du genre : ‘‘Va, ne crains rien, les Sénégalais sont avec toi’’ ; ou, à tout le moins, ‘‘les militants du PDS se battront pour toi’’. Il n’en sera rien, strictement rien, la peur (certainement !), doublée de notre lâcheté individuelle et collective (sans aucun doute !), étant passée par-là.

En fait, son geôlier le jettera en prison, puis se résoudra trois ans plus tard à le gracier, et dans la foulée à le contraindre à l’exil au Qatar ; non sans lui promettre préalablement de le renvoyer sans état d’âme à Rebeuss, si, toutefois, il avait la mauvaise idée de revenir au Sénégal sans l’autorisation de Macky Sall.

C’est donc à cet homme-là que d’aucuns reprochent de nos jours d’avoir manqué de cran et, ainsi, de se complaire dans un exil prétendument doré au Qatar.C’est injuste. Et, venant de ses désormais ex-frères d’armes, c’est tout simplement cruel.Car, la vie pour Karim Wade ne s’arrêtera pas le 24 février 2019. Elle ne s’arrêtera pas, non plus, à plus forte raison, par la seule volonté de son frère-ennemi-intime.

Non ! après le 24 février 2019, et même après Macky Sall avec son régime, il y aura une vie pour Karim Wade. Et pourquoi pas une belle vie ?

C’est du moins tout le mal que je le lui souhaite.

Dakar, le 14 février 2019.Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)