René Capain Bassène : acharnement sur son épouse et instrumentalisation judiciaire en Casamance

Posted by on 16/12/2018 3 h 30 min
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Déclaration du CIU Cercle des Intellectuels et Universitaires du MFDC

René Capain Bassène, qui n’est pas membre du MFDC, auteur de livres sur le conflit en Casamance, est détenu arbitrairement, avec Oumar Ampoi Bodian chargé de mission de notre mouvement, ainsi que plusieurs dizaines de citoyens casamançais, depuis plusieurs mois, suite á la tuerie qui a eu lieu dans la forêt de Boffa le 6 janvier 2018.

Après ce carnage, auquel nul, en Casamance, ne se reconnait, l’armée s’est lancée aveuglement dans des bombardements et des opérations non fructueuses mais aux graves effets collatéraux. Quoi de plus normal dans la guerre asymétrique !

Puis, ou parallèlement, la justice inféodée á l’exécutif au Sénégal, se lance, comme dans une complicité avec la police et la gendarmerie, dans la traque des militants et populations innocentes sans appartenance au MFDC. Au point de livrer, après des arrestations arbitraires, violant tous les codes de procédure, les frères Casamançais.

Aujourd’hui détenus, on s’acharne sur leurs épouses, leurs familles, leur peuple. Alors que la conduite formelle visant à établir la vérité devrait consister á révéler simplement le lien entre les tueurs de Boffa et les présumés commanditaires. A-t-on retrouvé les tueurs à cet effet ?

Non !

Aucun tueur n´est retrouvé. Au contraire, les autorités répètent les mêmes erreurs des années 80 et 90 : la persécution des Casamançais.

Alors, impossible d’établir le lien, en vue de prouver l’implication de René Capain Bassène. Pourquoi le détenir ; pis pourquoi s’acharner sur son épouse, qui n’a rien à voir, parce que pas tueuse ni commanditaire ?

A-t-on établi le lien entre les agissements de René Capain Bassène et la planification de la tuerie ?

Non. Pourquoi alors le détenir, outre mesure ?

La justice, qui est incapable d’établir un lien factuel entre la tuerie et l’ordre concret et matériel de tuer, ne peut, en aucun cas, incriminer René Capain Bassène. En matière de droit pénal, ne serait-ce que le doute, implique le non-lieu, l’acquittement. A fortiori l’absence de preuves matérielles dans l’acte de commanditer, de servir de cerveau de la tuerie.

Sous ce rapport, si la justice continue de garder en détention René Capain Bassène, elle obéit à un ordre non judiciaire, mais plutôt politique et sécuritaire. Ce qui fait du détenu, un prisonnier politique, pas de droit commun, comme aime à nous le faire croire le Sénégal quand il s’agit de la Casamance. Quelle honte et quelle contradiction pour une démocratie se targuant d’être de vitrine en Afrique !! Une vraie démocratie ne doit pas avoir de prisonnier politique.

La meilleure façon de faire en sorte que la justice fonctionne bien en Casamance, c’est de sortir notre peuple et notre territoire de l’état d’exception dont ils font l’objet.

Fait en Europe ce 10- 05- 2018
Le CIU Cercle des Intellectuels et Universitaires du MFDC