Posted by on juillet 11, 2020 12:25
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Le silence de l’Etat dans la coupe du bois en Casamance : laxisme ou complicité

La Casamance constitue le poumon vert et dernier bastion forestier du Sénégal, la région naturelle de la Casamance reste impuissante à la disparition progressive de sa forêt.

Le 06 janvier dernier, 14 coupeurs de bois ont été tués en Casamance et sept autres blessés par des hommes armés dans la forêt classée de Boffa Bayotte, au sud-Ouest de Ziguinchor.

Devant le choc de cet évènement, le président de la république ordonne la suspension jusqu’à nouvel ordre des autorisations de coupe de bois au sud du Sénégal.

Mais ce chapitre n’est qu’un épisode du phénomène inquiétant de la coupe illégale et du trafic international du bois de Casamance, une région en proie à un conflit armée depuis 1982.

Entre la Gambie et la chine, les troncs d’arbres clandestinement coupés en Casamance enrichissent des réseaux puissants et bien structurés. 

Aujourd’hui, le constat opéré à l’intérieur de la région est que les arbres sont coupés abusivement en grand nombre. Paradoxalement l’Etat du Sénégal a mis des systèmes de protection de la forêt en Casamance consistant à faire les services des eaux et forêts compétent dans la préservation de l’environnement.

A ce stade, pourquoi la coupure de bois devient de plus en plus remarqué et que la population des zones sont parfois interdit d’user les arbres mêmes pour construire leurs cases. Outre, certains individus se voient arrêter et amender par les services étatiques de protection de la forêt. 

Cependant, certains endroit de la zone la population coupe abusivement la forêt tout en invoquant ayant bénéficié des autorisations de la part des services de l’état en charge de la protection et de la préservation de l’environnement. Malheureusement, ces actes pris n’ont aucun fondement légal sur le code de l’environnement car ne répondant aucune norme communautaire ou internationale que le Sénégal a ratifié jusqu’ici.

Les zones frontalières de la Gambie constituent aujourd’hui des laboratoires de coupe de bois. Ce qui est marrant est marrant l’état est au courant aussi de ces manœuvres et il ne dit rien. Plus encore il défend une partie de ces communautés au détriment des autres ce qui à favoriser les querelles d’intérêts entre les habitants. Il y a un véritable de combat entre certains habitants de la zone et jusqu’à ce qui parfois forêt est de constater qu’il y a la perte des vies humaines.

Pourquoi une telle position de l’état ? Le silence de l’état dans la coupe du bois en Casamance : laxisme ou complicité ? 

Dans un premier temps nous pouvons affirmer sans risque de se tromper que l’état ne joue pas sa véritable responsabilité dans le cadre de la protection et la préservation de l’environnement.  C’est inadmissible que l’état sanction quelques-uns parmi ceux accusés avoir coupé des arbres sans autorisation. Pir, encore les services en charge de la protection et la préservation de l’environnement ne font pas leur travail correctement. 

Ces jeux irresponsables et irrespectueux des services étatiques ont conduit à la délinquance pour les populations qui aujourd’hui considèrent que l’état est faible dans le cadre de la protection de la forêt. En conséquence, tout est permis et personne n’a le droit d’empêcher personne à couper un arbre.

Mais aussi dans un second temps, l’état devient complice car permettant à des individus résidant au niveau des localités de couper les bois moyennant un prix. La complicité de l‘état va au-delà car il conclut des marchés illicites avec des gros producteurs de tronc d’arbres dans la sous-région et au niveau international. La Casamance connait depuis quelques années un pillage en règle de ses forets qui détruit les ressorts de l’environnement et menace la survie des communautés. Et ce fléau jadis circonscrit dans des surfaces limitées a pris une ampleur inégalée aujourd’hui avec un trafic organisé, généralisé par l’Etat et qui s’étend à tous les massifs forestiers de la Casamance.

Une situation qui interpelle le club changement de Ziguinchor et la plateforme nationale des jeunes sur les changements climatiques du Sénégal, qui demande l’arrêt immédiat de cette irresponsabilité de l’Etat afin de mettre fin à cette pratique aux conséquences néfastes pour la région de Casamance. 

En mois de mai dernier, il a constaté par tout le monde que l’état du Sénégal a été cité dans un scandale d’une affaire de coupe et de trafic de bois vers la Gambie. L’état en lui-même est un délinquant de bois car il vend des arbres à des personnes étrangers et cela à créer une psychose chez la population. C’est pourquoi la population locale continue à violer violement la forêt en Casamance. La responsabilité de l’état est engagée dans le cadre de la coupe abusive de bois en Casamance.

Aujourd’hui, les problèmes environnementaux engendrés par la déforestation doivent attirer l’attention des gouvernants, des populations et des partenaires sur la nécessité de prendre en charge ce fléau par des actions concrètes, d’inciter les populations locales et les collectivités à prendre des mesures concrètes pour améliorer la situation. En tout cas, le sous-préfet de Sindian alerte sur « les multiples agressions notées au niveau des massifs forestiers de cette contrée ».

Il rappelle que des « personnes malintentionnées s’adonnent à la coupe illicite de bois et à la carbonisation ». « Cette situation est favorisée, selon Moussa Ba, par la porosité de la bande frontalière qui permet aux contrebandiers d’opérer sans pour autant être inquiétées ». D’après l’autorité sous-préfectorale, il faut des « activités de sensibilisation et de protection menées par les brigades forestières et les comités de lutte contre la déforestation. Et ce, de concert avec les chefs de village, les élus locaux pour enrayer ce phénomène ». 

Et dans la forêt de Djédjel, toujours dans la Casamance, c’est toute une zone jadis peuplée par des arbres multimillénaires qui est en train de disparaître à petit feu. Le responsable de l’association Ajf en visite dans la commune de Sindian, affirmait que « cette visite est importante pour nous, car elle permet de mettre au-devant cette situation vécue dans cette contrée ? Et elle permet de poser également des actions de plaidoyer, de sensibilisation et de lutte contre la déforestation », précise l’édile de Sindian.

Yancouba Sagna craint « de voir bientôt disparaître les quelques échantillons de bois de teck qui restent encore dans cette forêt, car c’est une mafia qui s’adonne à ce trafic international. Ils opèrent au cœur de la forêt la nuit sans être inquiétées avec un important arsenal composé entre de scieries mobiles », a-t-il soutenu. M Sagna déplore du coup la complicité des populations qui y trouvent leur compte. Et pour lui, « ces populations vendent souvent ces troncs d’arbre à vils prix, car ce qui les motive, c’est leur pauvreté et leur vulnérabilité ».

Dans ces habits de guide forestier, le maire de Sindian a déploré les faibles moyens notés au niveau de leur collectivité et qui ne leur permettent pas de faire face à cette mafia organisée. « Les populations n’ont pas également les moyens de les contre-carrer. Elles ne constatent souvent les dégâts qu’au petit matin après la razzia opérée la nuit par les trafiquants », se désole Yancouba Sagna, qui demande l’appui des «  autorités et des partenaires des financements vert et des moyens conséquents pour faire face à ce phénomène ».

En écho, Dr René Massiga Diouf, président de l’Ajf, mesure le danger qui menace la Casamance : « nous avons voulu alerter sur ce que nous constatons comme agression sur l’environnement et qui est en train de changer le visage de la Casamance. Cette situation porte l’empreinte de réseaux organisés avec des mains étrangères tapies dans l’ombre et aux conséquences néfastes pour les populations et les espèces »

C’est ce que je regrette tout d’abord en tant que président de la plateforme nationale des jeunes sur les changements climatiques du Sénégal (P.N.J.C.C.S) et président du projet club changement climatique de Ziguinchor (P3C-Zig), mais aussi en tant que fils de la Casamance et de Bignona ou j’ai vu voir une belle forêt en image d’enfance. Croyez-moi, aujourd’hui le département de Bignona est devenu un « désert forestier ». Le mal est jusque-là, l’état manque de rigueur, de transparence et de courage pour prendre ses responsabilités les plus élémentaires pour freiner ce fléau qui prend de plus en plus une ampleur. 

La P.N.J.C.C.S à travers ses P3cs dans le pays a toujours plaidé pour que l’état s’engage de façon responsable et transparence pour stopper la violation de l’environnement et plus particulièrement en Casamance car elle est l’unique réservoir de forêt pour le pays.

Cependant, le laxisme de l’état reste impossible à mesurer et sa complicité manque de fondement légal. C’est pourquoi, j’ai déclaré lors d’une rencontre sur la responsabilité de la jeunesse dans la protection de notre environnement en septembre 2019 à Djimbéring, qu’il est temps que la jeunesse de chaque localité prend ses responsabilités et s’engage à protéger la forêt avec les moyens à bord puisque l’état s’est déclaré incompétent et irresponsable.

Pourquoi, un tel silence de l’Etat ?

M. Sadou BA, étudiant en master en Droit Public et président de la P.N.J.C.C.S

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