« Tradition rebelle » et jeu démocratique: Leçons corses

Posted by on 12/12/2017 7 h 37 min
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Leçons corses

A l’issue du second tour, le 10 décembre 2017, des élections territoriales en Corse, la coalition nationaliste (terme générique désignant indistinctement indépendantistes et autonomistes) s’est très largement imposée en recueillant 56,5% des suffrages. Regroupant les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni et les autonomistes de Gilles Simeoni, elle prend ainsi les rênes de l’autorité de la Collectivité territoriale unique de Corse, et ce dès janvier 2018.

Voilà ce qui peut arriver, quand on fait de la politique, parce que porteur d’une vision politique et d’un projet de société pour son peuple.

Le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) serait donc bien inspiré, au regard de ces leçons de Corse, de se laisser tenter par l’expérience des nationalistes corses, après s’être notamment illustré par sa propre corsication, c’est-à-dire par sa subdivision en autant de factions que de chefs auto-proclamés.

Alors, certainement, il s’aviserait que la seule lutte qui vaille, c’est bien le combat politique, pacifique, non-armé, sur le territoire national. Comme c’est le cas de nos jours en France et en Corse.

Une telle lutte, politique, pacifique, non-armée, vaut infiniment plus qu’un exil doré à Paris, en Suisse ou en Allemagne. Ce dont nous ne manquerons pas très prochainement de témoigner, pour marquer de notre sceau le 35ème anniversaire du tristement célèbre conflit en Casamance.

Aussi, pour sa part, l’Etat sénégalais pourrait-il – il le devrait même ! – se souvenir, opportunément, qu’il ne saurait être plus jacobin, dans le règlement du « problème casamançais », que l’Etat français, dont il a par ailleurs tout hérité, tant en matière de droit qu’au plan institutionnel et de la pratique politique.

Dakar, le 11 décembre 2017.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)