Wade, « leader éternel* » de la démocratie sénégalaise

Posted by on 02/09/2019 7 h 32 min
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Wade, un leader unique et un homme seul parmi tous

Un jour viendra, peut-être, où l’on pourra dire : ‘‘Cet homme était le leadership même’’ ; c’est-à-dire le leadership personnifié.
Alors, bien sûr, on aura comme déjà tout oublié, sauf ça.

Ceux qui ont goûté au leadership ont forcément découvert ce que c’est que d’être, non pas seul contre tous, mais seul parmi tous. Soit, ce que c’est que la solitude en communauté, ou en société.

C’est que la solitude en communauté ou en société est la rançon de tous les leaders réunis, petits et grands.

Or, le président Abdoulaye Wade, en tant que leader exceptionnel, est un homme extraordinairement seul. Seul dans l’opposition. Mais seul surtout au sein de Front de Résistance Nationale (FRN) et tout récemment du Collectif des 25 (C25).

C’est donc en homme-seul-parmi-tous que le président Abdoulaye Wade a daigné lancer son désormais « Appel de Versailles », rendu public le 5 février 2019, qu’il reprendra, ou développera, avec candeur, le 7 février, à son arrivée à Dakar, devant une foultitude d’hommes, de femmes, de jeunes et enfants, tous acquis à sa cause. Que peut-on en retenir ?

Le discours & les faits :

(i) Avec cet appel, contrairement à certains commentaires distillés çà et là dans la presse et sur les réseaux sociaux, le président Abdoulaye Wade n’appelle pas au boycott de l’élection présidentielle du 24 février 2019, mais à son report, en vue précisément d’organiser une authentique Présidentielle, caractérisée par un scrutin sincère et transparent. Sinon, le président Abdoulaye Wade appelle l’opposition à user de tous les moyens à sa disposition, légitimes à ses yeux, pour empêcher sa tenue.

(ii) Et, dans cette perspective, le président Abdoulaye Wade exhorte l’opposition ainsi que les forces vives du pays à la mise en place d’une « Alliance stratégique pour une alternance immédiate ». En quelque sorte un mouvement tendant à asseoir une Entente nationale, ou un Compromis national, ou encore un Consensus national, éventuellement matérialisé par un Gouvernement de transition.

(iii) A l’opposition, en particulier, le président Abdoulaye Wade rappelle au mauvais souvenir des élections législatives de 2017, où elle avait alors commis l’erreur fatale de lui disputer la tête de liste. Même Khalifa Sall, depuis la prison, fût-ce par des personnes interposées, lui avait disputé la tête de liste pour lesdites Législatives.
Erreur historique !

Car, après ces dernières, comme on a pu le constater, il y a une vie, politique pour le coup, et des combats politiques. En particulier, le combat politique pour arracher Khalifa Sall des griffes de son geôlier.

En politique, faut-il le rappeler, comme plus généralement dans la vie, on reçoit, parce qu’on a eu donné ; et seulement parce qu’on a eu donné.

(iv) Car, alors, après le 24 février 2019, il y aura une vie, politique, et des combats politiques. Et le président Abdoulaye Wade de plaindre, à cet effet, d’ores-et-déjà, ceux qui n’auront alors pensé qu’à l’avant-24 février 2019.

A ceux-là, donc, qui n’auront su voir au-delà de cette date « fatidique », le président Abdoulaye Wade promet la « catastrophe ». La « catastrophe » pour eux, bien entendu, mais guère pour lui avec ceux qui auront bien voulu lui emboîter le pas dans son « ultime » combat politique.

Et sous ce rapport, le président Abdoulaye Wade déclare, ou avoue, sa flamme pour le jeune candidat à la Présidentielle Ousmane Sonko.

Mais c’est pour aussitôt déplorer, ou prévenir, en substance, le fait que celui-ci soit à ses yeux un jeune-homme un peu trop pressé, au point qu’il en oublie de se mettre à l’abri, aujourd’hui, et pourquoi pas à l’ombre du président Abdoulaye Wade, notamment pour s’y ressourcer, en prévision des nécessaires combats politiques à venir.

Au demeurant, ou enfin, suggère en substance le président Abdoulaye Wade dans son « Appel de Versailles » puis son discours de Dakar, les ralliements inédits de dernière minute au candidat à sa propre succession Macky Sall, de la part de certains parmi ses irréductibles opposants, sont bien là pour rappeler, définitivement, qu’après une vie politique avec ses combats politiques, il y a toujours nécessairement une autre vie politique avec les siens propres.

Sauf qu’au pays de toutes les croyances, le Sénégal, il n’y a qu’un électeur : Dieu. Et ce, malgré les jeux d’alliance, de ralliement et autre transhumance politiques.

N’est-ce pas Dieu qui a élu Senghor et Diouf puis récemment Wade et Sall ? Quid alors du successeur providentiel de celui-ci ?Et ça, manifestement, le président Abdoulaye Wade l’a omis dans son « plan de sortie de crise ».

Les khalifes généraux de Touba et de Tivaouane, qu’il est censé rencontrer ce jour, ne manqueront pas, certainement, de le lui rappeler. S’y soumettra-t-il ?…

Dakar, le 8 février 2019.
Jean-Marie François BIAGUI
Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)

Le Président Wade « Leader éternel* » de la démocratie sénégalaise, c’est bien cela que nous croyons et le texte de M. JM François Biagui illustre quelque part cela.