Sierragambie. Le Pays Ajamaat: Le pouvoir des femmes

Fiyaay 12 février 2026

À la fin du 19e siècle, l’administration coloniale française tenta d’imposer une hiérarchie politique aux communautés ajamaat, que les colons appelaient « Diola ».

Ne comprenant pas l’organisation horizontale de ces sociétés, elle tenta de transformer les rois-prêtres — des figures rituelles chargées de la pluie — en chefs politiques capables de servir de relais administratifs.

Cette pression fut à l’origine d’un schisme profond : certains rois-prêtres, conscients de leurs limites, refusèrent de collaborer, comme Sihalébé, emprisonné pour cela, tandis que d’autres lignages virent leurs successeurs accepter les avantages coloniaux, entraînant les premières dissensions internes.

La perte de légitimité ou la disparition de ces rois-prêtres a ouvert la voie à une recomposition du pouvoir rituel. Les prêtresses, moins ciblées par l’administration coloniale, émergèrent alors comme des figures centrales.

Des femmes comme Alandisso Bassène jouèrent un rôle majeur dans la préservation des pratiques ancestrales, tandis qu’Aline Situé Diatta, dans les années 1940, appela à un retour aux interdits rituels et démocratisa la fonction de faiseur de pluie dont le dernier “roi-prêtre” résistant du Urokkal Moff-Avvi, Sibaye Sondo, était connu pour. Son message devint un puissant moteur de résistance spirituelle.

Durant toute la première moitié du 20e siècle, alors que les hommes étaient massivement enrôlés dans les corps indigènes de l’armée coloniale, les femmes se retrouvèrent au cœur de la résistance en Casamance.

Elles devinrent les gardiennes des valeurs culturelles, maintinrent les rituels et menèrent la lutte contre l’ordre colonial, devenant ainsi les piliers de la continuité culturelle ajamaat.

@akintodijack

Sierragambie. Le Pays Ajamaat: Le pouvoir des femmes Fiyaay 12 fev 2026

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