Je reviens sur la question des identités atlantiques !

Les termes Banhun (portugais), Banyun (anglais) ou Bagnon (français) — devenus Baynunk dans le Sénégal indépendant — désignent des populations locales ayant servi d’intermédiaires dans le système atlantique. Il faut pour le savoir, lire Alamada et son Tratado breve

Si une certaine antériorité est attribuée audits Baynunks en Pays Ajamaat, elle découle avant tout de leur collaboration avec les Européens au sein d’espaces marqués par l’agentivité atlantique.

Pour légitimer leur présence selon les codes du droit international de l’époque, les puissances occidentales ont dû projeter (voire inventer) des systèmes politiques calqués sur les leurs. Voic qu’elles parlent de Casa-di-Mansa, de Farim Cabo… Rois, seigneurs: Tout l’imaginaire de la féodalité occidentale est projeté sur les populations locales.
Voilà le contexte dans lequel va naître l’exonyme “Baynunk” !

Il fallait désigner des “propriétaires” officiels avec qui traiter dans les comptoirs portugais.
À l’inverse, les Felupes Ajamaats, qui dominaient pourtant la zone entre la Gambie et le Rio Cacheu, furent relégués au rang de “sauvages” en raison de leur refus d’intégrer ce système.

Or, ce qui ne signifiait à l’origine que “l’humain”, BANHUN (Bukanaku, Bugan, Niit) dans les langues locales a fini par être figé en une ethnie distincte.
En réalité, nous sommes tous “Baynunk” tant qu’à parler de colonialité et autant que nous serions restés les intermédiaires d’un systè!me.

Sinon: Nous sommes tous Injé Ajamaat !

Akandijack

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