Au Sénégal, il faut mettre un terme à l’histoire différée de la Casamance, de la même manière que l’on a mis fin à l’histoire de la dette cachée…
Cher Ousmane SONKO
Il n’y a pas de hasard…
Notre génération qui a lu _L’Aventure ambiguë_ de Cheikh A Kane, a certainement su établir une certaine référencialité, compris grâce à la mémoire collective dominante le sens de la sévérité légendaire d’un Arfang Bessire Sonko.
À l’image de la « Grande Royale », il avait une vision pragmatique et une stratégie impérieuse certes, face à la confrontation entre le monde traditionnel africain et le monde occidental incarné par l’école coloniale.
Face à la réticence des parents à envoyer leurs enfants dans cette école du colon, Arfang Bessire les a contraints à accepter l’idée ainsi que l’avenir de leur peuple passe par l’envoi de leurs enfants dans ces écoles, même si cela impliquait un « sacrifice » de leur culture.
Certes, il n’avait aucun esprit “démocratique” dans une société Ajamaat égalitaire; il ne lésina pas sur les outils militaristes que le système colonial lui pourvoya.
Mais quelle que soit l’interprétation qu’on pourrait faire du rôle d’Arfang Bessire Sonko, la mémoire collective casamançaise que nous évoquions (et non l’histoire écrite coloniale), retient qu’il avait une vision, malgré le rôle ingrat que le système colonial lui avait confié.
Qui pourrait contester aujourd’hui, le fait qu’il n’y aurait pas eu de conscience casamançaise renouvelée telle que portée par les élites éduquées des années des luttres pour les indépendances sans des parents comme Arfang Bessire Sonko, qui ont accepté l’école coloniale ?
La résistance avait imité pour ne pas dire additionner (pour qui connaît les peuples Ajaamat) la nouvelle stratégie du système colonial, c’est ainsi que c’est à travers ladite école coloniale que nous avons eu les premières élites qui ont théâtralisé l’histoire de Bigolo, Djignabo Bassène, « l’un des derniers grands féticheurs » de la Casamance, qui dénoncèrent donc par des armes culturelles le même système colonial.
Tout ceci pour te (par familiarité générationnelle) dire, cher Ousmane SONKO, que tu ne peux pas échapper à ton destin : tu dois (notre génération doit) regarder l’histoire de la Casamance en face et y faire face dans ce Sénégal.
P.-S. :
A la Révolution Bassirou Diomaye Faye moy Ousmane SONKO, chères soeurs et chers frères dans le processus révolutionnaire, je dis qu’il serait temps que le système étatique cesse de tomber dans la tentation de forcer les professionnels à produire des connaissances historiques selon son agenda politique.
Ainsi, je dis qu’au Sénégal, la Révolution Bassirou Diomaye Faye moy Ousmane SONKO doit mettre un terme à l’histoire différée de la Casamance, de la même manière qu’elle a mis fin à l’hisotoire de la dette cachée…
Il y a le Sénégal, ses régions historiques et la Casamance. Toute méthode scientifique devrait en tenir compte. Opérationnaliser autrement fait courir le risque d’un biais méthodologique.
Yep, yep,yep fire ! ![]()
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