J’ai écouté l’enregistrement des réponses du Premier ministre Ousmane Sonko aux députés. Sa réponse par rapport à la crise universitaire m’intéresse ici, car elle permet de mieux comprendre les enjeux politiques du problème et les différentes solutions proposées.
Une chose est certaine, les étudiants sont très consciencieux et savent pourquoi ils sont à l’université, c’est-à-dire qu’ils ont une idée claire de leurs objectifs académiques et de la voie qu’ils souhaitent emprunter. Il suffit juste d’ouvrir son bureau et de discuter avec eux pour comprendre à quel point ils sont désespérés. Surtout ceux qui viennent de loin et pour qui les parents ont beaucoup d’espoir, même si aujourd’hui, aller à l’université est différent. Il serait vain et inepte de vouloir anéantir cet espoir…
A l’État donc, nous voulons juste rappeler….
Une double obligation pousse naturellement l’apprenant à mettre un terme à sa condition d’étudiant :
- devenir un acteur diplômé pleinement engagé dans la société ;
- rendre à la nation ce qu’elle lui a donné en termes de formation et d’opportunités.
Dans cette perspective, l’État a pour mission — plus encore que pour obligation — de préparer, à travers l’éducation et surtout l’enseignement supérieur, les futurs diplômés aux activités de demain. Il lui revient de créer les conditions permettant à chacun de choisir ou d’adapter son parcours professionnel selon ses aptitudes, ses savoirs et la nature des métiers existants, dans une économie sociale en constante transformation.
Or, les réponses au problème actuel – sachant bien sûr que ce sont de vieilles questions qui ne se posent pas dans l’abstrait – manquent de pédagogie. , la seule arme qui devrait circuler dans l’espace univrsitaire.
Dès lors, autant je m’oppose à la militarisation de la Casamance (lire Futikh. La Guerre Incivile sénégalaise), qui ne fait qu’alimenter les dynamiques conflictuelles, autant je défends l’Université Cheikh Anta Diop, véritable espace de liberté intellectuelle et citoyenne. De la même manière, autant je suis contre l’idée de militariser l’université — une mesure qui contredit sa vocation et menace son autonomie — autant je considère que les franchises universitaires doivent s’étendre pleinement au campus social (Articles 2 & 6).
Si, pour faire face aux futures manifestations estudiantines, l’on en vient à envisager l’érection d’un commissariat au sein même du campus social, c’est bien le signe que l’on renonce à chercher des réponses structurelles à la crise profonde qui frappe l’institution universitaire sénégalaise. Une telle option sécuritaire traduit moins une volonté de résoudre les causes des tensions qu’un aveu d’impuissance face aux dysfonctionnements accumulés hérités par le régime new look, “Diomaye Moy-Toul Sonko”.
Même si l’État conserve certaines prérogatives, notamment celle de nommer le directeur du COUD, fonction éminemment politique, cela ne saurait justifier une présence sécuritaire intrusive ni une remise en cause de l’autonomie universitaire. Les franchises doivent couvrir l’ensemble de l’espace universitaire, académique comme social, je le rdis; afin de garantir un environnement propice à la liberté, à la vie estudiantine et à la responsabilité collective.
Il appartient dès lors au SAES et aux autres syndicats de l’enseignement supérieur de repenser lesdites franchises trop exclusives et de favoriser une collaboration constructive avec les associations estudiantines. Ainsi, on peut imaginer que grâce à la Révolution de mars 2024, avant toute décision de grève, le monde universitaire devrait instaurer un cadre de dialogue permettant d’examiner la légitimité des revendications étudiantes et d’éviter que les tensions ne se transforment en crises récurrentes.
Degg’lë, Malègguen, Ndigg-lo, Tiggí, Tognalo….
Akandijack
Yep, yep, yep fire