Notre Fiyaay 18 février 2026 s’intéresse à l’actualité dans les campus universitaires abandonnés par les étudiants après la mort d’un étudiant… Le régime issu de la Révolution de Mars 2024, se défend comme il peut avec la dernière sortie du procureur…

Voici un article sur cette question…

Cette fois-ci nous nous intéressons à la violence d’État à travers la doctrine sécuritaire des forces de l’ordre et de sécurité quand le politique s’y met sous forme propagandiste…

1. La “doctrine sécuritaire héritée de la colonisation” : un argument qui ne tient plus ?

Après plus d’un demi‑siècle d’indépendance, il devient difficile de continuer à attribuer les pratiques sécuritaires de l’armée sénégalaise à un simple legs colonial.
Ce qui persiste aujourd’hui n’est plus un héritage, mais une doctrine consolidée, réappropriée, et institutionnalisée par les régimes successifs.

Trois éléments le montrent :

  • La Casamance a servi de laboratoire sécuritaire : zones militaires spéciales, contrôle des populations, opérations de ratissage, gestion de l’information, criminalisation de l’adversaire.
  • Les alternances politiques n’ont jamais modifié la structure sécuritaire : Senghor → Diouf → Wade → Sall → Diomaye, tous ont conservé les mêmes réflexes.
  • L’armée a acquis une autonomie doctrinale : elle n’est plus seulement un instrument politique, elle est devenue une institution avec ses propres routines, ses propres seuils de tolérance, ses propres réflexes opérationnels.

Autrement dit : la doctrine sécuritaire sénégalaise est désormais sénégalaise, même si elle s’est construite sur un socle colonial.

2. La Casamance comme “zone d’exception” devenue norme

Ce que l’armée fait en Casamance, elle le transpose accidentellement dans la capitale.

La normalisation de l’exception.

Pendant 40 ans, l’État a expliqué que :

  • la Casamance était un “ailleurs” ;
  • les pratiques sécuritaires y étaient “nécessaires” ;
  • les populations du Sud étaient “à risque” ou “manipulées”.

Mais quand la crise politique nationale s’est intensifiée (2021–2023), on a vu :

  • les mêmes unités,
  • les mêmes méthodes,
  • les mêmes justifications,
  • les mêmes narratifs (“forces hostiles”, “manipulation”, “menace à l’ordre public”).


la répression en Casamance n’était pas une exception territoriale, mais une exception politique — et elle peut se déplacer.

3. L’incursion dans le campus : un signal politique fort

Les événements récents dans l’espace universitaire sont symboliquement lourds.

L’université, historiquement :

  • est un sanctuaire politique,
  • est un espace de contestation légitime,
  • a toujours été un baromètre de la santé démocratique.

Quand un régime envoie les forces de sécurité dans un campus, cela signifie :

  • qu’il considère la contestation comme une menace sécuritaire,
  • qu’il accepte de franchir un seuil symbolique,
  • qu’il privilégie la logique d’ordre sur la logique politique.

Ce n’est jamais anodin.

4. “Diomaye Moy-tul Sonko”

1. Le pouvoir actuel est en train de se protéger de son propre imaginaire révolutionnaire.

La Révolution de mars 2024 a créé une attente immense :
justice, rupture, souveraineté, transparence, fin de l’impunité.

Mais une fois au pouvoir, tout régime découvre :

  • la pression des appareils,
  • la résistance des institutions,
  • la peur de l’instabilité,
  • la tentation de la verticalité.

2. Le régime semble craindre l’aile radicale de sa propre base.

Le slogan “Diomaye Moy-toul Sonko” dit implicitement :

  • Sonko est un capital politique puissant,
  • Sonko est un potentiel contre‑pouvoir interne,
  • Sonko est un rappel permanent de la promesse révolutionnaire.

Et quand un régime commence à “faire attention” à ses propres enfants, c’est souvent le signe qu’il glisse vers la logique de préservation, au détriment de la logique de transformation.

5. “Le régime est en train de manger ses enfants” : une hypothèse crédible

Les révolutions — même les plus pacifiques — ont souvent ce destin :

  • elles se heurtent à l’État profond,
  • elles se heurtent à la réalité sécuritaire,
  • elles se heurtent à la peur de perdre le contrôle.

Quand un régime issu d’une mobilisation populaire commence à réprimer :

  • les étudiants,
  • les militants,
  • les voix critiques,

alors oui, il y a un risque réel qu’il se retourne contre ceux qui l’ont porté au pouvoir.

6. La vraie question maintenant

Ce n’est pas seulement :
“Pourquoi les forces de l’ordre et de sécurit agissent ainsi ?”

La question plus profonde est :
“Le pouvoir civil a‑t‑il réellement la maîtrise de l’appareil sécuritaire ?”

Parce que si la réponse est non, alors :

  • la rupture politique est limitée,
  • la continuité sécuritaire est totale,
  • et la révolution risque d’être absorbée par l’État qu’elle voulait transformer.

@akintodijack

La doctrine sécuritaire héritée du colon ne tient plus: C’est le Diomaye Moy-tul Sonko en marche! L’Etat n’assume jamais ses responsabilités, ce n’est pas ce qu’on attend de régime issu de la Révolution de Mars 2026. Fiyaay 18 février 2026 Lire sur … https://casavance.net/parlons-de-futikh/

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