Les sources portugaises des XVIe et XVIIe siècles mentionnent à plusieurs reprises un groupe appelé Iziguichos ou Ezeguichos. Pourtant, lorsque les archives françaises du XIXe siècle prennent le relais, ce nom disparaît pratiquement de la documentation. À sa place apparaissent les Jigouches, les Jougoutes, les Djigoutch ou les Djigouttes.
Un peuple disparu ou un nom disparu ? L’historiographie classique conduit généralement à conclure que les Iziguichos constituaient un peuple différent de ceux que les Français nomment plus tard Jigouches ou Djigouttes. Mais une autre hypothèse mérite d’être examinée : et si ce qui avait disparu n’était pas le peuple des Iziguichos, mais seulement son orthographe ? Cette question devient d’autant plus pertinente que plusieurs autres noms de la région ont connu des transformations comparables entre les archives portugaises et françaises — et qu’un de ces noms n’est autre que celui de la ville même où s’est joué, pendant trois siècles, le destin de ces populations : Ziguinchor.
Fiyaay 4 sept 26 Les Portugais parlaient des Jabundos et des Izigichos (qui se lit Iziguichous) au 16e siècle comme compposante des Banhuns « gurmetes », leurs intermédiaires dans l’hinterland du système atlantique. Puis, au 19ᵉ siècle, quand la France arrive sur le fleuve Casamance… surprise, on ne parle plus des Izigichos, mais des Banjars et des Jigouches comme étant les “Floups Portugais”. Alors, question; où sont passés les Izigichos (et autres Jabundos, ces Banhuns gurmetes Portugais) qui ont donné leur nom à Ziguinchor ? C’est là que la méthode linguistique de Bocandé devient essentielle. Elle nous pousse à regarder au-delà des orthographies portugaises et françaises et à suivre le radical du mot. Soit les formes: Izi-gui-chos, Ji-gouches, Dji-gouch, Dji-goutch, Dji-gouttes (que les français adoptent)…. comparées à la forme portugaise de “Iziguichous” (prononcée ainsi), le seul élément qui ne bouge pas, c’est le cœur, qui fait _ ZIGUI → JIGUI → DJIGUI → DJIGOU _ dans la nomenclature des contacts atlantiques.. Ce qui apparait comme radical traverse les siècles, les graphies changent — exactement comme dans : Zéguikior → Zéguichior → Ziguinchor… Comme le recommande précisément Bocandé dans son ouvrage sur la “Guinée Portugaise” (opposition à la Guinée française), nous avons essayé, en tant que locuteur du kuyataay, avec donc l’avantage linguistique (pour insister), de repérer les homonymies et synonymies possibles derrière des différentes écritures coloniales. Et là, tout s’aligne, pour nous, les Izigichos ne disparaissent pas… ils réapparaissent sous d’autres formes, telles que, jigouches, djigoutch, djougoutes… (Votre critique est là bienvenue, linguistes ajamaats…) Akandijack Yep yep yep fire … Oussoforal (casavance.net) —- @amermaidoffairies @kekendo.officiel.ucad