(Le titre est de casavance.net)

Monsieur Amadou Sylla, en France.

Il est grand temps de mettre un terme à l’imposture et au révisionnisme qui entourent le chantier funeste de destruction de la Casamance, orchestré depuis 1962.

L’acharnement lâche et systématique visant à faire de Ousmane Sonko le bouc émissaire d’un drame historique dont il est lui-même la victime, tout comme des millions de Casamançais, ne passera pas. Face à vos accusations hors-sol, l’histoire parle, juge et condamne.

Regardez les faits en face. Lorsque le traître Léopold Sédar Senghor a cyniquement scindé la Haute Casamance – devenant Sénégal Oriental – de la Moyenne et de la Basse Casamance en 1962, brisant notre unité territoriale pendant que Dia Mamadou effectuait une tournée officielle dramatique dans le département d’Oussouye, mon fils Ousmane Sonko n’était pas de ce monde. Moi-même, Tonton Lass, je n’étais pas né. C’est de ce conflit politique originel entre deux dirigeants sénégalais que le mal est né.

Lorsque, de 1960 à 1972, année de la disparition d’Émile Badiane, chaque émigré casamançais revendiquait avec une fierté viscérale le retour vers sa terre natale, Ousmane Sonko n’était pas né.

Lorsqu’en 1976, le marabout Cheikh Ousmane Sountou Badji annonçait l’indépendance de la Casamance à Kagnobon, Ousmane Sonko avait un an.

Lorsqu’en 1979, Monseigneur l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor adressait sa lettre historique au Président Senghor pour exiger la séparation, Ousmane Sonko avait à peine cinq ans.

Et lorsqu’en 1982, le régime d’Abdou Diouf a lâchement ouvert le feu et fusillé des hommes et des femmes qui marchaient pacifiquement pour leurs droits à une auto-détermination, Ousmane Sonko n’était qu’un enfant de huit ans dont les parents venaient à peine de s’installer à Ziguinchor.

Alors je vous le demande avec une fermeté absolue : où étiez-vous ? Où étiez-vous pour arrêter cette entreprise de destruction massive avant qu’elle ne prenne l’ampleur sanglante qu’on lui connaît aujourd’hui ?

Venir aujourd’hui parler de paix sur les tribunes politiques est d’une hypocrisie manifeste et révoltante. La paix n’a jamais été le problème de l’humanité. Notre seul, unique et dramatique problème est la guerre. Un conflit armé de basse intensité imposé à la Casamance depuis maintenant 44 ans.

Pour résoudre cette tragédie, il faut avoir le courage d’en affronter les causes premières et de désigner les véritables coupables, en parfaite connaissance de l’époque, du milieu et des dynamiques locales, nationales et internationales.

Arrêtons de fuir nos responsabilités collectives en blâmant éternellement les autres. Sommes-nous devenus à ce point irresponsables de notre propre destin ?

Tout le monde sait pertinemment que la guerre qui ruine la Casamance est nourrie par l’abondance de ses ressources naturelles.

Tous les présidents successifs du Sénégal, de connivence avec l’État français, portent la responsabilité historique de la déstabilisation de notre région et de la destruction méthodique du socle culturel et de la cohésion sociale organique qui unissaient les peuples du pays des rivières du Sud.

C’est cette même France impérialiste qui abrite confortablement les cadres du maquis à des milliers de kilomètres du front, pendant que sur le terrain, des années 1900 à nos jours, des vagues de générations sont tombées sous les massacres, les familles anéanties et les communautés disloquées.

Où étiez-vous pendant ces massacres, et où êtes-vous aujourd’hui pour libérer la Casamance ?

Sur le plan institutionnel, votre ignorance ou votre mauvaise foi doit cesser.

La résolution du conflit armé relève du domaine réservé et de la responsabilité exclusive du Président de la République. Aucun Premier ministre, en vertu de la Constitution, ne dispose des prérogatives nécessaires pour régler cette guerre.

De Abdoulaye Wade — l’homme de l’arnaque des 100 jours et de la vaste supercherie de l’ANRAC — à Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en passant par Macky Sall, il n’y aura jamais de résolution tant que la vérité de la crise France-Sénégal en Casamance ne sera pas mise sur la table.

Cessez donc de jeter l’opprobre sur Ousmane Sonko avec ce mépris et ce manque flagrant de considération.

Si vous vous prétendez authentiquement Casamançais, allez vous-mêmes sur le terrain ramener la paix là où elle a été confisquée depuis 1962.

Ousmane Sonko fait partie de ces millions d’enfants de la Casamance, victimes collatérales d’une guerre féroce qui a décimé nos familles et dont personne, à ce jour, n’a pu faire le deuil.

Posez-vous enfin la seule question qui vaille, si vous en avez le courage politique : pourquoi la compagnie pétrolière française Elf Aquitaine, ancêtre de TotalEnergies, a-t-elle subitement arrêté l’exploitation du pétrole à Kafountine en 1980, et pourquoi le Président Senghor a-t-il démissionné dans la foulée ?

Voilà le cœur du problème. Le reste n’est que distraction et lâcheté.

A nous l’Afrique !

Casamance, ce 8 septembre 2026.

Tonton Lass

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