Ça se confirme , la décentralisation au Sénégal va entrer dans une nouvelle phase avec l’Acte 4, acte IV que nous souhaiterions “rebelle”.

Acte IV de la décentralisation. Le “Projet” doit être plus rebelle en Casamance !

Or pour qu’elle soit “Rebelle”, au sens nous entendons cette notion, il faudrait juste en garder en esprit la question Casamance et se demander: comment peut on rendre aux “Territoiriens” ce processus ?

A chaque fois qu’un régime arrive et parle de décentralisation, on a l’impression comme cela se fait pour les grandes orientations, que tout se décide au sommet de l’État, quelques intellectuels à l’imagination fertile, sans avoir jamais pratiqué le terrain du chercheur, imposent donc leur vue d’esprit ainsi imposée aux collectivités locales, sans véritable consultation des populations concernées.

À beau dire que le monde évolue, une approche plus écologique voudrait qu’on ait une oreille pour nos populations aussi “traditionnelles” soient-elles, mettre un arret à la logique verticale, héritée d’une culture centralisatrice, qui à notre avis, à montré ses limites.

En tous les, à notre humble avis, la Casamance illustre parfaitement cette tension que les élites politiques dans leur fausse modestie occultent.

Alors que dans cette belle région jalouse de sa particularité, une partie de la population revendique une autonomie accrue, signe d’un besoin de reconnaissance et de participation directe aux choix qui façonnent son avenir.

Ignorer ces aspirations, ou les traiter comme de simples revendications périphériques, ne ferait qu’alimenter la défiance et fragiliser davantage le lien national.

Capture homage de M. Seydi Gassama sur Facebook

D’ailleurs quand on suit l’actualité autour du débat sur la préséance protocolaire entre préfets et élus, cela nous réconforte dans cette idée que la Casamance a besoin de gouverneurs, préfets et sous-préfets élus. C’est la “Guerre Incivile” qui nous le renseigne, car les meilleurs gouverneurs sont à l’image de M. Gouverneur Cheikh T. Dieng (RIP…à ne pas confondre avec le gouverneur militaire des années 1990), c’est à dire des gouverneurs qui agissaient comme si c’était le peuple casamançais qui les avait élus.

En d’autres termes, soumettre l’Acte IV de la décentralisation aux populations, par le biais de consultations citoyennes, de débats publics et de référendums locaux, serait une manière de redonner sens à la démocratie participative. Cela permettrait non seulement d’ancrer les décisions dans la réalité vécue par les “Territoirien/nes”, mais aussi de renforcer la légitimité des institutions locales.

En vérité, la décentralisation ne peut réussir si elle reste un projet conçu « en haut » (par les connaît tout de l’État) pour être appliqué « en bas », aux “Territoiriens” (les sait rien, les populations quoi).

Non. Elle doit être “Rebelle” dans le procédé, devenir un processus partagé, où les citoyen/nes d’abord et avant tout, puis à travers les collectivités, les élus locaux en seraient les véritables architectes de leur destin.

En tous les cas, la Casamance, avec ses spécificités culturelles et politiques, sa personnalité, mérite une approche différenciée, respectueuse de ses aspirations jusque là que hypothétiquement intégrables dans la vision nationaliste tant recherchée mais toujours imposée au mépris de son subnationalisme.

L’Etat du Sénégal, la République surtout sous la menace de la division du régime Diomaye Moy-Toul Sonko, tant qu’à parler l’indivisibilité; gagnerait à transformer la décentralisation IV en un pacte de confiance entre l’État et ses territoires.

Car ce n’est qu’en donnant la parole aux populations que l’on pourra bâtir une vraie décentralisation, une gouvernance locale solide, inclusive et durable.

Akandijack Badji-Ba-ss-N

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