Je trouve pour le moins maladroit que le frère Jean‑Marie François Biagui, ancien cadre du MFDC, propose une lecture aussi fragmentée du rôle des différents membres du Pastef dans le processus de paix de cette « guerre incivile ». Son « point de vue » repose sur un biais évident quand il réduit les dynamiques de médiation à de simples appartenances géographiques dans le Pays ajamaat, au détriment du travail transversal — maraboutique, politique, communautaire — mené jusqu’ici.

À le lire, on croirait que le processus de paix serait traversé par des tensions territoriales artificielles, tant il s’évertue à isoler le Fogny et le Blouf dans un schéma éminemment politisé. Sauf à considérer que le régime actuel, a.k.a « Diomaye‑MoY‑Toul‑Sonko », incarnerait soudain la paix accomplie au seul motif qu’un ministre des Forces armées est issu du Fogny (quand Youba Sambou venait du Blouf), il paraît bien plus pertinent de rappeler une autre réalité. En effet, il nous semble que le MFDC serait aujourd’hui davantage tenté d’évaluer les logiques principielles internes au Pastef que de se laisser enfermer dans des micro‑clivages territoriaux.

Cela, la question des principes, reste largement préférable à l’option de se ranger du côté de ceux que la majorité sénégalaise perçoit comme ayant trahi leurs engagements et tenté de rétrograder le projet Pastef au rang d’outil de politique politicienne. Peut‑on réellement accorder sa confiance à un régime où la trahison semble devenue une norme ?
Pour le MFDC, gageons que la réponse coule de source. D’ailleurs, la posture de la section Pastef de Bignona, qui a choisi de désavouer le ministre ayant lâché leur frère et camarade président du parti, constitue un témoignage éloquent : la division Fogny vs Blouf mise en avant ne résiste tout simplement pas à l’épreuve des faits.

Quoi qu’il en soit, dans le contexte actuel marqué par le divorce politique de fait entre le leader du Projet Pastef et le chef de l’État, il devient illusoire de penser que les personnalités ayant accepté de siéger dans le « gouvernement de rupture » — en contradiction flagrante avec la ligne défendue par Ousmane Sonko et le Pastef — puissent constituer la moindre solution aux problèmes des Sénégalais, et encore moins à ceux de la région sud.

Incarner un ministère des Forces armées censé pacifier la région tout en étant désavoué politiquement — au nom de principes culturels — dans son propre terroir, lequel reste à pacifier, relève d’un funeste présage pour la paix recherchée.

Hashtag : Diomaye Moy‑Tul Ousmane SONKO

Akandijack

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