En 1849, l’administrateur français Bertrand-Bocandé rejette une idée reçue de son époque, celle voulant que le nom du Royaume du Gabou (Kaabu) vienne du portugais “Cabo” (le Cap). Son argument est simple : « Les Mandingues n’ont jamais parlé portugais, ils n’ont pas nommé celui-ci Cabou. »

Une belle intuition… mais avec un angle mort de taille. Bocandé ne voyait que deux possibilités, l’européen ou le “local ” mandinguisé.

Et s’il existait une troisième voie ?

Celle du créole sierragambien, cette langue née des siècles de contacts entre une partie des populations du pays Ajamaats et Portugais, véhiculée par les Banhuns-gurmetes, les lançados, voire même les Mandingues et autres populations côtieres de la Sierragambie (Gambie, Guinée-Bissau…)

Dans ce créole, oui, le créole local, “Cabu/Cabou” est devenu un patronyme comme il désigne toujours une direction, une orientation géographique.

Ce que Bocandé prenait pour un nom “purement mandingue” qui autorise une certaine historiographie du royaume du Gabou, des Mandingues de l’Ouest, était donc en réalité un mot créole, témoin d’un métissage bien plus ancien qu’on ne le pense.

Lire les archives coloniales, n’est-ce pas justement apprendre à lire entre les lignes, pour y retrouver les langues et les identités que les explorateurs n’ont pas su voir ?

HIstoire différée, comme les populations qui ont différé les contacts avec le colon.

Et vous, la toponymie de nos espaces ne serait-elle pas l’un des plus beaux témoins de nos histoires croisées ?

[Cette nouvelle interprétation de l’histoire de la Sierragambie est à découvrir dans Histoire authentique de la Casamance (Bassène, 2011)]

@akintodijack

Fiyaay 15 septembre26 DE “CABO” à “GABOU”: L’ERREUR DE BOCANDÉ QUE PERSONNE NE VOIT … En 1849, Bocandé pense démonter un mythe colonial sur le Gabou. Bonne intention… mais énorme angle mort. Il analyse le nom avec une grille coloniale : 🇵portugais vs. mandingue Comme si la Sierragambie, le pays ajamaat n’avait pas ses propres dynamiques linguistiques. Ce qu’il ignore ? Le kriyo casamançais voire bissau-guinéen, né des contacts entre Ajamaats et Portugais, celui des Banhuns-Grumetes. Dans cette langue, “Cabo/Cabou” = une direction. Pas un royaume. Pas un ethnonyme. Une orientation. Voilà comment un détail linguistique peut renverser une “vérité historique”. Tu en penses quoi ? Les archives coloniales, on doit les lire… ou les traduire ? casavance.net @amermaidoffairies @kekendo.officiel.ucad

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