Fiyaay 16 octobre 2026
La Casamance n’est ni enclavée, ni à désenclaver; le problème est ailleurs. POINT.
Mais avant de dire cela, je vous parle d’Éboeboe ou Éntighna aka Ziguinchor !
L’appellation de Ziguinchor découle historiquement du nom de la communauté des Iziguichos (lire Iziguichous/ch). Au fil du temps, passant du portugais au français, ce nom a évolué ainsi au lieu de iziguichous, les Français parlaient des Jigouches…, tandis que notre administration postcoloniale a fini par consacrer le terme de Djigouttes. Malgré ces variations linguistiques, il s’agit bel et bien des mêmes communautés historiques (telle est notre hypothèse).
À ce propos, je me suis permis un clin d’œil en évoquant la figure d’Arfang Bessire Sonko, le chef de Djigouttes, n’est-ce pas. Il y a là matière à enrichir considérablement l’interprétation historique de ce chef de village et de canton. En effet, plus je suis témoin de la mentalité d’Ousmane Sonko, plus je cherche à décrypter la personnalité de son ancêtre… Le sang ne ment pas.
Ainsi, sans verser dans l’anachronisme, plus je m’intéresse à l’histoire de la Casamance, plus je perçois sous un jour nouveau le rôle joué par Arfang Bessire Sonko lors de la transition entre l’économie de traite atlantique et celle du commerce légitime. En devenant chef de village en 1905, précisément au moment où la France réprimait la traite illégale et le commerce des esclaves, on ne le dit pas assez, mais il a endossé par là des responsabilités cruciales pour la stabilisation de la région face aux négriers qu’Ahoune Sané avait combattu par ailleurs.
Cette action politique et économique majeure ne devrait pas être minorée au profit de son seul rôle de pionnier de l’école coloniale, ou de l’image d’un chef de canton sévère ; elle démontre qu’il a été, avant tout, un acteur central de la refondation sociale du Pays ajamaat.
En tous les cas, je persiste, la Casamance n’est pas enclavée on a plutôt imposé un centre d’intérêt qui freine son développement.
Yep yep yep fire
La Casamance n’est pas enclavée, c’est dans nos têtes, nos imaginaires paresseux de casamanqués !? La Casamance n’est donc pas devenue périphérique parce qu’elle se trouvait naturellement à distance d’un centre. Elle est devenue périphérique parce qu’un nouveau centre politique a été institué ailleurs, entraînant une redéfinition des rapports spatiaux et symboliques au sein d’un ensemble plus vaste. Cette mutation historique, remontant au XIXe siècle, continue aujourd’hui de produire ses effets sur les imaginaires collectifs, les discours administratifs et les représentations populaires, illustrant ce que l’on pourrait appeler une mémoire différée, c’est-à-dire la persistance d’événements anciens dans les structures mentales du présent. Refusez cette idée…